Il y a des genres de poésie où non seulement les Latins ne nous ont point surpassés, mais qu’ils n’ont pas même connus, comme, par exemple, ces poèmes en prose que nous appelons romans, et dont nous avons chez nous des modèles qu’on ne saurait trop estimer, à la morale près qui est fort vicieuse, et qui en rend la lecture dangereuse aux jeunes personnes.
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- Dans l’art dangereux de rimer et d’écrire, il n’est pas de degré du médiocre au pire.
- Je n’ai pas besoin de faire des phrases. J’écris pour tirer au clair certaines circonstances. Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.
- On a tout essayé pour trouver du nouveau : le roman sans histoire, le roman sans personnages, le roman ennuyeux, le roman sans talent, peut-être même le roman sans texte. La bonne volonté a fait rage. Peine perdue, on n’est parvenu à créer que le roman sans lecteur. C’est un genre connu depuis longtemps !
- Un des maux de notre littérature, c’est que nos savants ont peu d’esprit, et que nos hommes d’esprit ne sont pas savants.
- On représente souvent la littérature comme une pyramide au sommet de laquelle il y a les grands auteurs, ceux qu’on doit absolument lire, puis tous les autres, qu’on peut oublier. Je ne vois pas vraiment les choses ainsi.
- Il y a de grandes ressources pour le style - en prose et plus encore en poésie - dans la distorsion des locutions usuelles.
- La poésie a toujours été pour moi une leçon d’humanité. Sa beauté réside dans sa générosité, dans son refus de la laideur, de la haine, de la raison arbitraire. Comment un coeur de poète peut-il accepter tant de violence, tant d’injustice ?
- Il y a trois genres littéraires bien différents : la poésie qui est chantée, le théâtre qui est parlé et la prose qui est écrite.
- Les poèmes, quand ils sont réussis, personne ne les comprend vraiment. Leurs significations changement selon l’humeur, la lumière... Ils ne sont pas là pour être compris. Ce sont eux qui nous comprennent.
- Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. Ce n’est pas le mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot.
- C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature.
- La musique laisse la poésie loin derrière elle; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
- Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.
- Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable : la poésie, la musique, la peinture, le discours public.
- Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.