Un des maux de notre littérature, c’est que nos savants ont peu d’esprit, et que nos hommes d’esprit ne sont pas savants.
Essayiste, 1754-1824 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Un des maux de notre littérature, c’est que nos savants ont peu d’esprit, et que nos hommes d’esprit ne sont pas savants.
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Source vérifiée
Pensées, essais et maximes, tome 1 (1850), Texte entier
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Si une pensée ou un ouvrage n’intéressent que peu de personnes, peu en parleront.
Méfions-nous des pensées faibles. Ce sont souvent – et paradoxalement – les plus chargées d’ambiguïtés.
Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c’est là, toute la force des mots. Ecrire, c’est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
Feindre le malaise est l’ultime refuge de qui manque d’imagination.
L’esprit humain est un grenier tellement impossible à remplir que, du point de vue de la connaissance, il représente un abîme.
Il y a peu de personnes, soit instruites, soit même ignorantes, qui, si elles disaient librement leurs pensées sur les ouvrages des artistes, ne pourraient pas leur être utiles. Les seules opinions dont on ne peut tirer aucun fruit sont celles des demi-connaisseurs.
L’esprit humain souffre d’une carence intellectuelle fondamentale : pour qu’il comprenne la valeur d’une chose, il faut le priver de cette chose. L’absence lui parle sa langue maternelle ; la présence, c’est de l’hébreu pour lui.
L’ignorant n’est pas celui qui manque d’érudition, mais celui qui ne se connaît pas lui-même.
Ne cède pas à l’imagination, c’est toujours le pire, elle ne sert que la littérature.
Le fait même de percevoir, de porter attention, est du genre sélectif : chaque attention, chaque fixation de notre conscience, comporte une omission délibérée de ce qui ne nous intéresse pas.

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