Si une pensée ou un ouvrage n’intéressent que peu de personnes, peu en parleront.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Si une pensée ou un ouvrage n’intéressent que peu de personnes, peu en parleront.
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Réflexions et Maximes (1857), n° 11
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Un des maux de notre littérature, c’est que nos savants ont peu d’esprit, et que nos hommes d’esprit ne sont pas savants.
Rien ne prédispose davantage à l’aspect pensif que l’absence totale de pensée.
Il y a peu de personnes, soit instruites, soit même ignorantes, qui, si elles disaient librement leurs pensées sur les ouvrages des artistes, ne pourraient pas leur être utiles. Les seules opinions dont on ne peut tirer aucun fruit sont celles des demi-connaisseurs.
C’est seulement lorsqu’on ne voit pas de terme à sa pensée, qu’il faut penser.
C’est à ne pas penser que la pensée de l’homme s’use ; et c’est celui qui pense peu qui se prévaut de certitudes.
Dire aux gens ce qu’il faut lire est en général inutile ou nuisible, car la véritable appréciation de la littérature est une question de tempérament et ne s’enseigne pas.
Quand on a pas d’imagination, mourir, c’est peu de chose.
Penser ne consiste pas à avoir des idées, à faire des discours savants. Penser, c’est rester ouvert, questionnant.
Méfions-nous des pensées faibles. Ce sont souvent – et paradoxalement – les plus chargées d’ambiguïtés.
Le secret de la vie c’est justement de ne pas trop penser.

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