Quand on a pas d’imagination, mourir, c’est peu de chose.
Écrivain, 1894-1961Quand on a pas d’imagination, mourir, c’est peu de chose.
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Source vérifiée
Louis Ferdinand Céline - Voyage Au Bout De La Nuit (FR)
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Mais la mort ne peut être imaginée, puisqu’elle est l’absence d’images. Elle ne peut être pensée, puisqu’elle est l’absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.
Parce que nous ne savons pas quand nous allons mourir, nous pensons à la vie comme un puit inépuisable. Et pourtant, tout se passe un certain nombre de fois. Et un très petit nombre vraiment.
Sans curiosité on meurt et sans courage on ne vit pas.
Rien ne prédispose davantage à l’aspect pensif que l’absence totale de pensée.
La mort ? Sans importance. La vie ? Sans importance. Ce qu’il faut c’est vaincre.
La mort n’est rien. Elle n’est que l’extinction de l’artifice par lequel la nature vous a fait croire que vous étiez quelqu’un. La vie n’est rien. Elle n’est que la lumière que vous avez produit en croyant que vous étiez quelqu’un.
L’absence d’idées chez l’homme est sa mort et combien d’hommes sont dépourvus d’idées, totalement sans aucune idée, ils n’existent pas.
L’instant de la mort n’est rien ; le mal de la nature est peu de chose.
L’imagination la plus folle a moins de ressources que le destin.
Pour les imaginations fortes, l’absence n’existe presque pas. Elle n’est qu’une présence silencieuse.

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