Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.
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- La stupidité de l’homme d’argent, quoique devenue quasi proverbiale, n’est cependant que relative. Ll en est des facultés de notre esprit comme des aptitudes de notre corps.
- La profondeur vient de l’intelligence du lecteur et non de la pensée exprimée. Un livre est moins un effet qu’une cause.
- Je compris qu’il existait je ne sais quoi d’inconnu pour moi dans le monde, une force plus belle même que la pensée, c’était toutes les pensées, toutes les forces dans une émotion partagée.
- Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte.
- La pire des tyrannies, est celle qui opprime la pensée.
- Tous les grands penseurs sont d’abord ridiculisés - puis, éventuellement, vénérés.
- Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée. Un mauvais usage peut se répandre par tradition et par mimétisme, même parmi les gens qui devraient être plus avisés - et qui le sont effectivement.
- L’esprit moderne est en plein désarroi. La connaissance s’est étendue au point où ni le monde ni notre intelligence ne peuvent prendre pied. C’est un fait que nous souffrons de nihilisme.
- Ce qui abrutit le peuple, ce n’est pas le défaut d’instruction, mais la croyance en l’infériorité de son intelligence. Et ce qui abrutit les « inférieurs » abrutit du même coup les « supérieurs ».
- Et nous crevons par la Blague, par l’ignorance, par l’outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l’amour de la banalité, et le bavardage imbécile.
- Celui qui s’imagine avoir seul la sagesse, l’éloquence, la force s’expose au ridicule. L’intelligence permet de se contredire.
- Il y a des genres de poésie où non seulement les Latins ne nous ont point surpassés, mais qu’ils n’ont pas même connus, comme, par exemple, ces poèmes en prose que nous appelons romans, et dont nous avons chez nous des modèles qu’on ne saurait trop estimer, à la morale près qui est fort vicieuse, et qui en rend la lecture dangereuse aux jeunes personnes.
- Et la jeunesse ? C’est sentir la folie du monde adulte et la refuser. C’est croire aux vertus de la parole, au profond désir de paix.
- Mais enfin l’on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l’horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c’était tout ?
- Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !