Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions ; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions ; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Correspondance de Gustave Flaubert (1845), lettre 91 à Alfred Le Poittevin
… À Marseille j’irai voir Mme Foucaud, ce sera singulièrement amer et farce, surtout si je la trouve enlaidie comme je m’y attends. Le bourgeois dirait: Vous aurez là une grande désillusion. Mais j’ai rarement éprouvé des désillusions, ayant eu peu d’illusions.Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire: la poésie vit d’illusions! Comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même!Ce sont du reste deux mots d’une riche ineptie.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.
Tout poème doit son caractère proprement poétique à la présence, au rayonnement, à l’action transformante et unifiante d’une réalité mystérieuse, que nous appelons poésie pure.
En voici un autre qui n’est pas près d’aimer : chaque fois qu’un poème est simple, il se demande si c’est de la poésie.
La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
La poésie a, comme la vie, l’excuse de ne rien prouver.
Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
On ne peut être poète sans quelque folie.
Ce n’est donc pas l’auguste aéropage de la poésie et de l’éloquence.
Je considère la poésie engagée comme une mission personnelle, un devoir envers une société où on évolue vers un contrôle des consciences : on devient même suspect de ne pas penser correctement !

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