Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
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- La poésie est une plante libre; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
- Et nous crevons par la Blague, par l’ignorance, par l’outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l’amour de la banalité, et le bavardage imbécile.
- La poésie n’est qu’une manière de percevoir les objets extérieurs, un organe spécial qui tamise la matière et qui, sans la changer, la transfigure.
- De chaque détour surgissent ou s’enfuient une erreur, un mensonge involontaire, une vérité chenue de trente ans d’âge, qui gauchit les faits et respecte les figures.
- Mais déformer ostensiblement la réalité pour laisser croire que la vérité se cache quelque part sous la fiction, c’est précisément ce dont parlait Paul Valéry, plus faux que faux, pire que le mensonge.
- Même si on dit que la franchise n’est pas toujours de mise; le mensonge détruit bien des songes.
- La plupart du temps, le pire ennemi de la vérité n’est pas le mensonge (volontaire, forcé et malhonnête), mais le mythe (insistant, persuasif et irréaliste).
- Tout poème doit son caractère proprement poétique à la présence, au rayonnement, à l’action transformante et unifiante d’une réalité mystérieuse, que nous appelons poésie pure.
- Je considère la poésie engagée comme une mission personnelle, un devoir envers une société où on évolue vers un contrôle des consciences : on devient même suspect de ne pas penser correctement !
- La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
- La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
- L’excès de sagesse devient fou, la sagesse n’évite la folie qu’en se mêlant à la folie de la poésie et de l’amour.
- Ma versification n’est point un assemblage de sentiments communs et d’expressions triviales que la rime seule soutienne; c’est une poésie mâle qui émeut le coeur et frappe l’esprit.
- La vraie poésie ne cohabite avec le bonheur que pour une durée très courte. Au bout d’un certain temps, soit le bonheur banalise la poésie et le poète, soit alors la vraie poésie gâche le bonheur.
- En voici un autre qui n’est pas près d’aimer : chaque fois qu’un poème est simple, il se demande si c’est de la poésie.