La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.

La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.

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Source secondaire
Tant que les arbres s’enracineront dans la terre (suivi de Congo), chapitre La femme qui fit de moi un poète, p. 11-12
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La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
La poésie introduit juste ce qu’il faut de silence pour troubler le vacarme.
Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
La poésie est l’art de ne pas comprendre. Elle ne s’adresse pas à la raison, et n’est pas faite de sentiments, mais parle au vent et provoque des sensations.
Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie ; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot.
Quand la difficulté de vivre s’intensifie, l’envie vous prend d’aller ailleurs. Une fois que vous avez compris que la peine est partout la même, alors la poésie peut naître, alors la peinture peut naître.
Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions ; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
La musique laisse la poésie loin derrière elle ; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
L’éclair me dure. La poésie me volera de la mort.

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