Peinture et poésie se font comme on fait l’amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand #saut à chaque fois.
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- Le don de révéler par la parole ce qu’on ressent au fond du coeur est très rare; il y a pourtant de la poésie dans tous les êtres capables d’affections vives et profondes; l’expression manque à ceux qui ne sont pas exercés à la trouver.
- Puissance et richesse ne sont jamais allées de pair avec la poésie, peut-être est-ce pour cela qu’elle demeure si pure et qu’elle est parfois la seule résistance digne de ce nom.
- Ô rêveries, c’est à vous que je dois de m’être destinée au langage de la poésie, lorsque je compris, dès l’enfance, que les éléments, l’espace, les sanglots explosifs et muets de l’âme ne sont pas l’échange intelligible dévolu aux humains.
- Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
- Séparez la philosophie de la poésie, et vous n’aurez qu’une trame sans broderie ou qu’une broderie sans trame.
- La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et le transforme.
- Les poètes n’ont pas de pudeur à l’égard de leurs sentiments : ils les exploitent.
- La poésie est la langue de tous les âges de l’humanité, naïve et simple au berceau des nations, conteuse et merveilleuse comme la nourrice au chevet de l’enfant.
- Est-ce assez que d’aimer si on ne sait pas mettre dans l’amour toute la poésie et toute la musique du ciel et de la terre.
- La poésie est une pomme et c’est toujours septembre sur les vergers de la parole : soleil serré, suc de la terre, saveur d’enfance. Dans le bonheur des mots amour, je te mange.
- La poésie est une force de commencement; et une grande force : la dynamite qui soulève et arrache le rocher.
- Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- La poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.