Les poètes manquent de pudeur à l’égard de leurs aventures : ils les exploitent.
Écrivain, 1844-1900 Image : Friedrich Hermann Hartmann, Domaine public, Wikimedia Commons Les poètes manquent de pudeur à l’égard de leurs aventures : ils les exploitent.
Écrivain, 1844-1900 Image : Friedrich Hermann Hartmann, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source secondaire
Par-delà le bien et le mal (1886), partie IV, chapitre « Maximes et intermèdes », § 161, p. 169
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La poésie est l’art de ne pas comprendre. Elle ne s’adresse pas à la raison, et n’est pas faite de sentiments, mais parle au vent et provoque des sensations.
Les poètes nous aident à aimer : ils ne servent qu’à cela. Et c’est un assez bel emploi de leur vanité délicieuse.
Écrire des poèmes n’est pas un travail ; c’est une charge.
Point n’est besoin d’écrire pour avoir de la poésie dans ses poches.
La plus belle poésie littéraire du monde ne gagne rien à être mise en musique.
Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie ; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
La poésie est ce qui fait sens avec nos sens, avec ferveur.
Les poèmes, quand ils sont réussis, personne ne les comprend vraiment. Leurs significations changement selon l’humeur, la lumière… Ils ne sont pas là pour être compris. Ce sont eux qui nous comprennent.
Les poèmes ne sont pas faits pour signifier, ils sont faits pour intensifier les mots.
La vraie poésie ne cohabite avec le bonheur que pour une durée très courte. Au bout d’un certain temps, soit le bonheur banalise la poésie et le poète, soit alors la vraie poésie gâche le bonheur.

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