La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Correspondance de Gustave Flaubert (1846), lettre 128 à Louise Colet
… la carte, et de détester les autres coins, en vert ou en noir, m’a paru toujours étroite, bornée, et d’une stupidité féroce. Je suis le frère en Dieu de tout ce qui vit, de la girafe et du crocodile comme de l’homme, et le concitoyen de tout ce qui habite le grand hôtel garni de l’Univers. Je n’ai pas compris ton étonnement relativement à la beauté de cette proclamation. Pour moi, je pense que c’est parce que 1o il est barbare, 2o musulman, et surtout fanatique, qu’il a dit de belles choses.La poésie est une plante libre; elle croît là où on ne la sème pas. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.Et maintenant que j’ai déchargé mon cœur, — car voilà plusieurs fois que nous revenons sur ce sujet que tu ne veux pas comprendre, parlons de nous, et embrassons-nous doucement, longuement, sur les deux lèvres.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
La seule poésie, dis-je, est la nature, la seule nature est la poésie.
La poésie est la forme clandestine d’un contre-pouvoir qui libère le poète de tout carcan autoritaire, et lui permet d’accéder à l’existence orageuse de son corps.
La poésie est ce qui existe entre les lignes.
La poésie est l’art de ne pas comprendre. Elle ne s’adresse pas à la raison, et n’est pas faite de sentiments, mais parle au vent et provoque des sensations.
La poésie a été mise au monde par l’homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui – mais il la cherche dans la nature comme s’il l’avait laissée échapper.
Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie ; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps.
Le poète doit pouvoir tout dire, en toute liberté. Essayez donc un peu, mes amis, vous verrez que vous n’êtes pas libres.
On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi.
Le poète fait comme la nature : il donne la vie à ce qui n’a pas vécu.

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