On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi.
Essayiste, 1754-1824 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi.
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Pensées, essais et maximes, tome 1 (1850), Texte entier, 46
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La plus belle poésie littéraire du monde ne gagne rien à être mise en musique.
Il n’y a plus de solitude là où est la poésie.
La poésie a, comme la vie, l’excuse de ne rien prouver.
Ce n’est donc pas l’auguste aéropage de la poésie et de l’éloquence.
La poésie écrite est invisible, la poésie peinte a une apparence visible.
On ne peut être poète sans quelque folie.
La poésie est dans la rue, dans le ruisseau, elle est tout à fait dénuée de hiérarchie, elle ne sait pas. Elle ne sait rien.
La poésie ne permet guère que l’on se partage, et un art si sublime et si pénible se peut rarement allier avec l’embarras des affaires et les occupations tumultuaires de la vie.
La poésie ouvre sur un domaine réservé qu’aucune analyse ne résoudra jamais.
Le peuple a besoin de poésie comme de pain. Non pas la poésie enfermée dans les mots ; celle-la, par elle-même, ne peut lui être d’aucun usage. Il a besoin que la substance quotidienne de sa vie soit elle-même poésie.

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