- Il suffit à un homme enchaîné de fermer les yeux pour qu’il ait le pouvoir de faire éclater le monde.
- Je me replie. Je rentre en moi par mon oreille gauche. Mes pas retombent dans la solitude de mon crâne qu’illumine seule une constellation grenat. Je parcours à tâtons l’énorme salle démantelée. Portes murées, fenêtres condamnées.
- Le déclin de la notion de personne est le facteur premier des désastres politiques du XXe siècle et de l’avilissement général de notre civilisation.
- Entre ce que je vois et dis, entre ce que je dis et tais, entre ce que je tais et rêve, entre ce que je rêve et oublie, la poésie. Elle glisse entre le oui et le non : elle dit ce que je tais, elle tait ce que je dis, elle rêve ce que j’oublie.
- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- Érotisme et poésie : le premier est une métaphore de la sexualité, le second une érotisation du langage.
- Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations.