La joie d’écrire est aussi celle d’inventer son genre, sa méthode. Et dans toute vie, celle d’Esther par exemple, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
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- Dans toute vie, on ne peut pas séparer l’amour, la crainte, l’apprentissage, la violence, la tendresse, l’espérance, le roman doit pouvoir intégrer des lignes aussi contradictoires.
- Est-ce que l’amour heureux est sans talent ? Ce que faut-il de malheur pour la moindre chanson, ce que faut-il de regrets pour payer un frisson, ce que faut-il de sanglots pour un air de guitare. Il n’y a pas d’amour heureux.
- Chaque écrivain tout au long de sa vie exprime un seul thème. C’est la nécessité de compréhension, de tendresse et de persévérance dans l’infortune chez des individus traqués par les circonstances.
- La tendresse est l’abat-jour de la passion.
- La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
- Un mot n’est pas qu’un mot, et c’est le problème particulier de l’écrivain. Un mot est chargé de souvenirs, d’histoire, de joies, de douleurs, celles des lecteurs, de l’écrivain lui-même.
- C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.
- Qu’on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnages; c’est le même plaisir, le même travail, on intensifie la vie.
- Le plaisir d’écrire est perdu. Le plaisir d’écrire, c’était de vivre avec une pensée, de la mûrir, de la vêtir, de la faire forte et belle.
- L’ingéniosité en amour, c’est comme la poésie en littérature. On peut s’en passer, mais c’est dommage.
- Les jeunes auteurs d’aujourd’hui ont oublié les problèmes du coeur humain en conflit avec lui-même, qui eux seuls peuvent donner de beaux textes. Car il n’y a que cela qui mérite d’être écrit, qui mérite toute cette douleur et toute cette sueur.
- L’amour commun des livres crée la plus bienfaisante des solidarités : celle de l’ordre, de la méthode, de la clarté, du travail, de l’étude. Il n’y a pas de goût plus noble.
- C’est ça l’écriture. C’est le train de l’écrit qui passe par votre corps. Le traverse. C’est de là qu’on part pour parler de ces émotions difficiles à dire, si étrangères et qui néanmoins, tout à coup, s’emparent de vous.
- Le vrai bonheur ne nous incline que fort rarement aux aventures de l’esprit. Les écrivains et les artistes, sans faire mention des philosophes, sont mécontents d’eux-mêmes ou du monde, à moins que ce ne soit d’eux-mêmes et du monde.
- L’amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c’est l’imagination. Il faut que chacun invente l’autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu’il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité; alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent... Il n’y a rien de plus beau.