Les poètes cherchent les belles. La femme, ange aux chastes faveurs, Aime à rafraîchir sous ses ailes Ces grands fronts brûlants et rêveurs.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Les poètes cherchent les belles. La femme, ange aux chastes faveurs, Aime à rafraîchir sous ses ailes Ces grands fronts brûlants et rêveurs.
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Source vérifiée
Les Contemplations (1856), « Aimons toujours ! aimons encore »
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Les poëtes cherchent les belles. La femme, ange aux chastes faveurs, Aime à rafraîchir sous ses ailes Ces grands fronts brûlants et rêveurs.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Ange : La femme qu’on rêve. Démon : La femme qu’on a.
À l’astre de nos jours On dédie des tas d’odes Au dieu de nos amours Des tas de poésies Aux femmes de toujours On consacre la mode Et aux topinambours D’âpres monographies.
Une femme est un ange Le temps qu’on la supplie ; conquise, elle est perdue, car l’âme du plaisir est dans la quête ardue.
Une belle femme est le paradis des yeux, l’enfer de l’âme et le purgatoire de la bourse.
L’amour, c’est la fleur de la brandie ; C’est l’ange aux aîles d’or qui plane dans le ciel, et qui sur les inondes se penche En secouant sa robe blanche D’où tombe l’absynthe et le miel.
Il y a pour les amoureux un plaisir infini à trouver dans un paysage la poésie qu’ils ont dans l’âme.
La femme belle et vertueuse est le mirage qui peuple de lacs et d’allées de saules notre grand désert moral.
Il y a des beautés qui sautent aux yeux et d’autres qui sont écrites en hiéroglyphes : on met du temps à déchiffrer leur splendeur mais, quand elle est apparue elle est plus belle que la beauté.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
Le poème s’étirant dans les blés, le poème s’allongeant vers les sphères. Le poème bondissant, dans les pâturages de l’âme, le poème frémissant, dans le corps des cités.

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