Biographie courte et informations sur Ernest Renan
Ernest Renan est né le 27 février 1823 à Tréguier. Orphelin de père dès l’enfance, il reçut une éducation rigoureuse au petit séminaire local. Philologue, historien et philosophe, il fit scandale avec sa Vie de Jésus (1863), qui appliquait une critique historique à la Bible. Professeur au Collège de France, il fut banni pour blasphème. Élu à l’Académie française en 1878, Renan explore aussi la nation, la science et l’Orient avant de mourir à Paris le 2 octobre 1892, laissant un héritage intellectuel majeur.
- La vérité sera un jour la force. "Savoir, c’est pouvoir" est le plus beau mot qu’on ait dit.
- Les professeurs récemment nommés débutent par une première leçon de généralités, laquelle se fait d’ordinaire dans un amphithéâtre plus vaste que celui qui sert aux leçons spéciales.
- Il était chargé d’un des cours de philosophie : jamais on ne vit plus amère trahison; son dédain pour la philosophie perçait à chaque mot; c’était un perpétuel sarcasme, où il développait une sorte de talent âpre.
- Le but du monde est le développement de l’esprit, et la première condition du développement de l’esprit, c’est sa liberté.
- La liberté est comme la vérité : presque personne ne l’aime pour elle-même, et cependant, par l’impossibilité des extrêmes, on y revient toujours.
- L’optimisme semble une générosité faite à Dieu en toute gratuité.
- Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir.
- Le talent de l’historien consiste à faire un ensemble vrai avec des traits qui ne sont vrais qu’à demi.
- J’ai été aimé des quatre femmes dont il m’importait le plus d’être aimé, ma mère, ma soeur, ma femme et ma fille.
- La liberté, où tant d’étourdis se trouvent portés du premier bond, fut pour moi une aquisition lente.
- La jeunesse est capable de toutes les abnégations.
- La bonne politique n’est pas de s’opposer à ce qui est inévitable; la bonne politique est d’y servir et de s’en servir.
- Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé.
- La science restera toujours la satisfaction du plus haut désir de notre nature, la curiosité; elle fournira à l’homme le seul moyen qu’il ait pour améliorer son sort.
- Les mathématiques, science de l’éternel et de l’immuable, sont la science de l’irréel.
- Disséquer le corps humain, c’est détruire sa beauté; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d’un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n’aurait pas soupçonnée.
- La vie n’a de prix que par le dévouement à la vérité et au bien.
- On veut avant tout fonder un Etat juste, et l’on ne s’aperçoit pas que l’on brise la liberté, que l’on fait une révolution sociale et non une révolution politique, que l’on pose la base d’un despotisme semblable à celui des Césars sur l’ancienne Rome.
- Je serais assez aise d’avoir le droit de vie et de mort, pour ne pas en user...
- La joie des autres est une grande part de la notre.
- En vérité, j’en viens à regretter la misérable part de liberté que dieu nous a donnée; nous en avons assez pour lutter, pas assez pour dominer la destinée, tout juste ce qu’il faut pour souffrir.
- L’éducation, c’est le respect de ce qui est réellement bon, grand et beau; c’est la politesse, charmante vertu, qui supplée à tant d’autres vertus; c’est le tact, qui est presque une vertu aussi.
- Les Jésuites ont fait de l’éducation une machine à rétrécir les têtes et à aplatir les esprits, selon l’expression de M. Michelet.
- Je sais quel charme austère il y a pour les fortes natures à braver la médiocrité impuissante et à provoquer la rage des sots.
- La raison et le langage ne s’appliquent qu’au fini.
- Les concessions qu’il fallait faire à la cour, à la société, au clergé étaient pires que les petits désagréments que peut nous infliger la démocratie.
- La mort perfectionne l’homme le plus parfait; elle le rend sans défaut pour ceux qui l’ont aimé.
- Savoir est le premier mot du symbole de la religion naturelle : car savoir est la première condition du commerce de l’homme avec les choses, de cette pénétration de l’univers qui est la vie intellectuelle de l’individu : savoir, c’est s’initier à Dieu.
- Tout pesé, si j’avais à recommencer ma vie, avec le droit d’y faire des ratures, je n’y changerais rien.
- Le désert était, dans les croyances populaires, la demeure des démons. Il existe au monde peu de régions plus désolées, plus abandonnées de Dieu, plus fermées à la vie que la pente rocailleuse qui forme le bord occidental de la mer Morte.
- Je laissai ainsi bifurquer mon premier amour, comme plus tard je laissai bifurquer ma politique, de la façon la plus maladroite.
- O noblesse ! ô beauté simple et vraie ! Déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j’arrive tard au seuil de tes mystères.
- Un monde sans science, c’est l’esclavage, c’est l’homme tournant la meule, assujetti à la matière, assimilé à la bête de somme.
- La femme belle et vertueuse est le mirage qui peuple de lacs et d’allées de saules notre grand désert moral.