En vérité, j’en viens à regretter la misérable part de la liberté que Dieu nous a donnée ; nous en avons assez pour lutter, pas assez pour dominer la destinée, tout juste ce qu’il faut pour souffrir.
Écrivain, 1823-1892En vérité, j’en viens à regretter la misérable part de la liberté que Dieu nous a donnée ; nous en avons assez pour lutter, pas assez pour dominer la destinée, tout juste ce qu’il faut pour souffrir.
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Source vérifiée
Souvenirs d’enfance (E. Renan) (1883), chapitre 5
Le texte original diffère de quelques mots.
… Mais quand je serais sûr de moi-même, serais-je sûr des circonstances, qui s’imposent à nous si fatalement?En vérité, j’en viens à regretter la misérable part de la liberté que Dieu nous a donnée; nous en avons assez pour lutter, pas assez pour dominer la destinée, tout juste ce qu’il faut pour souffrir.
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La liberté est comme la vérité : presque personne ne l’aime pour elle-même, et cependant, par l’impossibilité des extrêmes, on y revient toujours.
La seule liberté que nous concède la vie, c’est de choisir nos remords.
La moindre imprudence peut nous coûter la vie, et pire encore : la liberté !
La liberté, ce n’est pas faire ce qu’on veut quand on veut en obéissant à ses pulsions, ce qui mène au n’importe quoi et surtout à l’esclavage. La liberté, s’est s’autoriser à mettre en œuvre nos aspirations profondes sans être entravé par les souffrances induites par notre personnalité.
La liberté doit-elle me conduire à la noyade ? Sans doute. Créer puis mourir, en ayant dit ce que l’on avait à dire, c’est peut-être cela le sens de la vie après tout.
Car c’est une grâce que de supporter, par égard pour Dieu, des peines que l’on souffre injustement.
Ce n’est pas un sacrifice de quitter une pauvre vie dans laquelle on éprouve tant de difficultés pour appartenir à Dieu !
Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? La liberté elle-même est anachronique.
Ainsi tourne le monde : manège, que domine le temps et que module l’histoire. Pourtant, des rênes fragiles — celles de la liberté — demeurent entre nos mains ; guidant hors des pistes nos provisoires montures vers notre propre destin.
Alors je dis : la vie, c’est un peu de temps donné à des libertés, pour, si tu veux, apprendre à aimer, avec la certitude de devoir lutter contre le mal.

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