O noblesse ! ô beauté simple et vraie ! Déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j’arrive tard au seuil de tes mystères.
Écrivain, 1823-1892O noblesse ! ô beauté simple et vraie ! Déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j’arrive tard au seuil de tes mystères.
Écrivain, 1823-1892Partager sur
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Souvenirs d’enfance (E. Renan) (1883), chapitre 2
«O noblesse! ô beauté simple et vraie! déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j’arrive tard au seuil de tes mystères; j’apporte à ton autel beaucoup de remords. Pour te trouver, il m’a fallu des recherches infinies. L’initiation que tu conférais à l’Athénien naissant par un sourire, je l’ai conquise à force de réflexions, au prix de longs efforts.
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Des sages Dieu la sagesse réprouve, et des petits l’humilité approuve, auxquels il a ses secrets révélés, qu’il a cachés aux sages, et célés.
Si le dieu n’est qu’une idole, plaignons l’idole et non le dévot.
Bienheureux, en vérité, le noble esprit qui est ravi dans la riche, la pure connaissance ; laquelle est inconnue à tous ceux qui ne sont pas dépouillés de leur moi et de toutes choses.
O combien douce à l’âme et combien agréable à Dieu l’oraison sainte faite dans la cellule de la connaissance de soi-même et de Dieu, l’œil de l’intelligence grand ouvert aux lumières de la foi, le cœur tout rempli de l’abondance de la divine charité.
Toute beauté morale est accomplie en ce monde par cette sagesse inconcevable qui vient de Dieu et ressemble à la folie.
Connais-toi comme l’orgueil de sa création, le lien unissant la divinité et la matière ; vois une partie de dieu lui-même en toi ; souviens-toi de ta propre dignité et n’ose pas descendre dans le mal ou la bassesse.
Ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine de l’oiseau, comme les méditations du poète.
Ce qui compte dans l’âme, c’est ce que tu en fais de ton vivant, abruti ! Je ne cherche pas à être un saint. Je ne suis pas contre, mais être un saint, c’est dur. La vie d’un saint est chiante. Je préfère être ce que je suis.
Doux et cruel tyran du printemps de la vie, amour, usurpateur de l’été de nos ans, bannis les froids dédains, la sombre jalousie, tu seras le premier de nos dieux bienfaisants.
Dieu, vous de qui le royaume n’est point périssable, faites miséricorde à celui de qui le royaume est périssable.

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