Doux et cruel tyran du printemps de la vie, amour, usurpateur de l’été de nos ans, bannis les froids dédains, la sombre jalousie, tu seras le premier de nos dieux bienfaisants.
Image : Doux et cruel tyran du printemps...

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- Dans nos coeurs, de ses feux, de ses flèches cruelles, de son souris malin l’Amour naît tout armé : Hélas ! De tant d’attraits à peine est-on charmé Qu’il médite déjà l’usage de ses ailes.
- O prestige enchanteur ! ô pouvoir de la grâce ! De ses charmes touchants tous les coeurs sont épris : Où la grace paroît, tout autre objet s’efface; Sur la beauté la grace obtient encor le prix.
- Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
- Garde ton amour éternel. L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ? Dieu ne retire rien du ciel Ne retire rien de ton âme !
- O noblesse ! ô beauté simple et vraie ! Déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j’arrive tard au seuil de tes mystères.
- Seigneur ! Préservez-moi, préservez ceux que j’aime - Frères, parents, amis et mes ennemis même - Dans le mal triomphants, - De jamais voir, seigneur ! L’été sans fleurs vermeilles, - La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, - La maison sans enfants !
- Ô récompense après une pensée Qu’un long regard sur le calme des dieux !
- Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu... Dans votre immense sagesse Immense ferveur Faites donc pleuvoir sans cesse Au fond de nos coeurs Des torrents de tendresse Pour que règne l’amour Règne l’amour Jusqu’à la fin des jours.
- L’amour, par ses douceurs et ses tourments étranges, nous fait trouver l’enfer et le ciel tour à tour : La jalousie est la soeur de l’amour, comme le diable est le frère des anges.
- Soit voué, misérable, à l’angoisse, à la haine, a la luxure, à la soif de l’or et du sang, a la peur, avant-goût de l’ardente Géhenne !
- Mon beau printemps et mon été ont fait le saut par la fenêtre. Amour, tu as été mon maître : Je t’ai servi sur tous les dieux. O si je pouvais deux fois naître, comme je te servirais mieux !
- Laisse-moi adorer cette pitié sainte qui a survécu en toi à l’amour brisé. Elle ne m’humilie pas comme tu crois.
- Jeunes amours, si vite épanouies, vous êtes l’aube et le matin du coeur. Charmez l’enfant, extases inouïes ! Et quand le soir vient avec la douleur, charmez encor nos âmes éblouies, jeunes amours, si vite épanouies !
- L’amour est tout, - l’amour, et la vie au soleil. Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? Faites-vous de ce monde un songe sans réveil.
- Faites donc pleuvoir sans cesse au fond de nos coeurs, des torrents de tendresse pour que règne l’amour, jusqu’à la fin des jours.