Biographie courte et informations sur Henri-Frédéric Amiel
Henri-Frédéric Amiel (1821-1881), écrivain et philosophe genevois, a consacré sa vie à l'observation intérieure. Professeur à l'université de Genève, il laisse un témoignage exceptionnel : un journal intime de 17 000 pages qui explore avec une rare intensité les mystères de l'existence. Cette monumentale introspection, à la fois philosophique et poétique, a exercé une influence durable sur la littérature européenne et constitue un document précieux pour comprendre le XIXe siècle.
- Le coup d’oeil c’est la moitié la plus évidente du génie, si la patience, selon Buffon, est l’autre moitié.
- La pensée sans poésie et la vie sans infini, c’est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
- Le repos est aussi indispensable que le travail, car qui ne sait pas se reposer ne saura pas travailler.
- L’an vieux est mort, vive l’an neuf. Puisse cette nouvelle année amener plus de bien que de mal pour le monde; et m’aider à remplir mieux mes devoirs.
- Quand l’amour résiste à l’absence, il est à l’épreuve de tout.
- On n’est pas toute sa vie à l’école, vient l’âge où il faut mettre en pratique.
- La vraie poésie est plus vraie que la science, parce qu’elle est synthétique et saisit dès l’abord ce que la combinaison de toutes les sciences pourra tout au plus atteindre une fois comme résultat.
- Le monde est à la volonté bien plus qu’à la sagesse.
- Fonder une famille, chérir son épouse et ses enfants; les prendre jour et nuit dans ses bras, leur dire je t’aime, je vous aime, vous êtes tout pour moi, sans vous je n’existe pas, voilà l’unique but d’une vie.
- Le bonheur, c’est d’être consolé; le courage, c’est d’être résigné.
- Être heureuse, pour l’âme conjugale, c’est être pénétrée, possédée, assimilée toujours plus et toujours mieux; c’est se diffondre dans l’amour. La suppression de toute distance est l’éternel voeu du coeur; l’isolement est sa tristesse, l’individualité son supplice.
- Le coeur préfère l’amour qui fait souffrir à l’indifférence qui laisse isolé.
- L’amour est la suppression de la distance; il est, dans son essence, unification, identification, fusion.
- La famille est le plus doux des liens.
- La vie est trop courte pour la gaspiller à poursuivre un amour impossible.
- Vivre sans amour n’est pas vivre, et vivre dans l’amour sans souffrir est impossible.
- La famille de bon exemple est celle où l’on s’entraide et s’entr’aime, où jeunes et vieux cheminent dans la bonne voie en se donnant la main. C’est un milieu salutaire où l’on s’épanouit doucement.
- Vouloir aimer sans risquer de souffrir est une contradiction, et vouloir vivre sans aimer, c’est se tuer.
- L’art conjugal, c’est de trouver la distance et l’aération qui permettent de faire vie qui dure entre époux, c’est surtout de découvrir le moyen de rétablir la paix et l’affection après les querelles et les satiétés réciproques.
- Un paysage quelconque est un état de l’âme.
- La vie est une course à un bonheur inexistant.
- La vie est un jeu où la peine passe le plaisir. Il faut bien s’y résigner.
- Mon meilleur ami est le seul être au monde qui ait le pouvoir de me fortifier et de me consoler.
- Sans triomphe, sans autorité, sans crédit, sans avoir gagné sa vie, sans avoir fait sa carrière, sans aimé, sans avoir souffert, on n’est rien. La mesure d’un homme ce sont ses victoires.
- La solitude est nécessaire pour reprendre l’équilibre, et faire le point avec soi-même.
- Je vois donc toujours la même loi : la libération croissante de l’individu, l’ascension de l’être vers la vie, vers le bonheur, vers la justice, vers la sagesse.
- La femme nue est belle une fois sur vingt, et trois ans sur soixante et dix. C’est-à-dire qu’il y a quatre cent soixante-dix à parier contre un qu’en photographiant une femme sans voile on fait une indécence, sans arriver à un effet esthétique.
- Il n’y a de repos pour l’esprit que dans l’absolu, pour le sentiment que dans l’infini, pour l’âme que dans le divin, et pour la conscience que dans le parfait.
- Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie.
- Il est dangereux de se laisser aller à la volupté des larmes; elle ôte le courage et même la volonté de guérir.