La pensée sans poésie et la vie sans infini, c’est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
Écrivain, 1821-1881La pensée sans poésie et la vie sans infini, c’est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
Écrivain, 1821-1881Partager sur
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Grains de mil (1854)
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La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l’espoir du Monde ?
La poésie est partout comme Dieu n’est nulle part.
Nulle forme fixe n’est plus considérée comme le moule nécessaire à l’expression de toute pensée poétique ; (…) désormais comme toujours, mais consciemment libre cette fois, le Poète obéira au rythme personnel.
Le poète fait comme la nature : il donne la vie à ce qui n’a pas vécu.
La mélancolie, c’est le voyage des vies qu’on n’a pas eues.
Si l’on devait vivre éternellement, tout deviendrait monotone. C’est l’idée de la mort qui nous talonne. C’est la hantise et le désir de l’homme de laisser une trace indélébile de son éphémère passage sur cette terre qui donnent naissance à l’art.
La vis est le corps sans âme et le tournevis l’esprit.
Oui, toute la vie est un songe ; et les songes eux-mêmes, que sont-ils ? Songe !
Le problème de la béatitude éternelle est un de ceux dont la solution n’est connue que de Dieu dans l’autre vie. Ici-bas, des poètes sublimes ont éternellement ennuyé leurs lecteurs en abordant la peinture du paradis.

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