Disséquer le corps humain, c’est détruire sa beauté ; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d’un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n’aurait pas soupçonnée.
Écrivain, 1823-1892Disséquer le corps humain, c’est détruire sa beauté ; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d’un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n’aurait pas soupçonnée.
Écrivain, 1823-1892Partager sur
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L’Avenir de la science, pensées de 1848 (1848), chapitre 5
… mais le beau réel, celui qui ne repose pas sur les fictions de la fantaisie humaine, est caché dans les résultats de l’analyse.Disséquer le corps humain, c’est détruire sa beauté; et pourtant, par cette dissection, la science arrive à y reconnaître une beauté d’un ordre bien supérieur et que la vue superficielle n’aurait pas soupçonnée.Sans doute ce monde enchanté, où a vécu l’humanité avant d’arriver à la vie réfléchie, ce monde conçu comme moral, passionné, plein de vie et de sentiment, avait un charme inexprimable, et il se peut qu’en face de cette nature sévère et inflexible que nous a créée le …
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Si seuls nos yeux voyaient les âmes au lieu de voir les corps, combien notre idée de la beauté serait différente.
La beauté réelle finit où commence l’expression intellectuelle. L’intelligence est, par sa nature, une sorte d’hypertrophie ; elle détruit fatalement l’harmonie d’un visage.
Je comprends d’instinct que sans la beauté, la vie ne vaut probablement pas la peine d’être vécue, et que d’autre part une certaine forme de mal vient justement de l’usage terriblement perverti que l’on fait de la beauté.
Nous avons perdu le sens abstrait de la beauté.
La science a, comme vertu, non pas de tuer Dieu, mais de décaper son image, de faire en sorte que la partie idolâtre s’amenuise peu à peu.
Il y a quelque chose d’odieux dans la beauté dès qu’elle prend conscience d’elle-même, dès qu’elle devient sensuelle.
Une véritable suppression de la métaphysique ferait de l’art et de la science des squelettes pétrifiée, dépourvus d’âme, incapable du moindre développement ultérieur.
La beauté est une contradiction voilée.
Ce sont les esprits téméraires et grossiers qui réduisent à un effet sensuel la beauté, par laquelle toute intelligence saine se sent émue et transportée vers le ciel.
Mais aussi si l’on rectifie L’image de l’objet sur son éloignement, sur le milieu qui l’environne, sur l’organe et sur l’instrument, les sens ne tromperont personne.

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