Penser, ce n’est pas unifier, rendre familière l’apparence sous le visage d’un grand principe. Penser, c’est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié.
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- Le mieux qu’un homme puisse faire de sa vie, c’est de transformer en conscience une expérience aussi vaste que possible.
- Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l’esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer.
- Tout ce qui fait travailler et s’agiter l’homme utilise l’espoir. La seule pensée qui ne soit mensongère est donc une pensée stérile. Dans le monde absurde, la valeur d’une notion ou d’une vie se mesure à son infécondité.
- La perception n’est pas une science du monde, ce n’est pas même un acte, une prise de position délibérée, elle est le fond sur lequel tous les actes se détachent et elle est présupposée par eux.
- Vivre, c’est transformer en conscience une expérience aussi large que possible.
- Est-ce qu’en marchant dans les traces de l’autre, on arrive à pénétrer sa conscience et à le voir de l’intérieur ?
- La vie élégante n’exclut ni la pensée, ni la science : elle les consacre. Elle ne doit pas apprendre seulement à jouir du temps, mais à l’employer dans un ordre d’idées extrêmement élevé.
- Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement.
- Seule la réalité est capable d’éveiller l’oeil, de l’arracher à son rêve solitaire, à sa vision, pour le contraindre à l’acte conscient de voir, au regard.
- C’est cela écrire, élargir le champ de la conscience en agissant sur la perception même des choses.
- A présent je ne le perçois plus avec les yeux mais l’apprenhende par l’esprit (shen). Là où s’arrête la connaissance sensorielle, c’est le désir de l’esprit qui a libre cours.
- Il n’est plus conscient un seul instant d’être en décalage avec la réalité. Il est dans sa propre réalité. Une réalité constituée de souvenirs et de suppositions.
- Ce n’est pas que fût moins passionné qu’alors mon désir de pouvoir contempler de près les parcelles précieuses de réalité qu’entrevoyait mon imagination.
- Penser ne fait pas seulement appel à l’intelligence et à la profondeur, mais avant tout au courage.
- Les conceptions les plus hardies, les spéculations les plus légitimes, ne prennent un corps et une âme que le jour où elles sont consacrées par l’observation et l’expérience.