Je fais dire aux autres ce que je ne puis si bien dire tantôt par faiblesse de mon langage, tantôt par faiblesse de mon sens.
Image : Je fais dire aux autres ce...

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- Inutile d’attendre des mots d’amour. Ma mère n’en a jamais prononcé. Cela ne m’attriste pas. Mon époque ménage les mots. Elle les respecte trop pour en abreuver les foules, les utiliser à tort et à travers.
- Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe «aimer»... Le verbe «rêver»...
- Je m’adresse aux instruits dans ler langage - leur libellé de notaire, que je me suis appliqué à utiliser tout au long de ces notes, pour me faire entendre d’eux.
- Les paroles seules comptent. Le reste est bavardage.
- Je fais tous les efforts possibles pour être sec. Je veux imposer silence à mon coeur qui croit avoir beaucoup à dire. Je tremble toujours de n’avoir écrit qu’un soupir, quand je crois avoir noté une vérité.
- Mes mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J’écris par pirouettes acrobatiques et aériennes - j’écris à cause de mon profond vouloir parler. Quoique écrire ne me donne que la grande mesure du silence.
- Les autres font ce qu’ils veulent de tes mots, tandis que tes silences les affolent. Tiens ta langue et ils se mettront en huit pour essayer de piger ce que tu ne dis pas.
- La parole est à double tranchant et les parleurs font souvent les reproches qu’ils n’osent pas se faire. Ils se débarrassent ainsi du fardeau de leurs jalousies et de leur manque à l’échange.
- Je ne puis apprendre à parler à qui ne s’efforce pas de parler.
- Ce que je dis est ce que je dis, je ne dis pas toujours ce qu’il faut, je ne dis pas toujours de chose politiquement correcte. Je n’ai aucun regret à ce sujet.
- Je t’aime et tu feins de m’ignorer. Je veux croire que tu feins de m’ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d’allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c’est toi qui m’adresses la parole.
- Tu dis l’amour a son langage Et moi les mots ne servent à rien S’il te faut des phrases en otage Comme un sceau sur un parchemin.
- Le courage dont on fait preuve pour écrire est celui-là même qui nous fait défaut dans l’existence.
- Ni mon intelligence, ni mes moyens d’expression ne sont à la hauteur de ma faculté de sentir, je veux dire de mes tortures.
- Lorsque je trouve dans mon silence une parole, elle est creusée dans ma vie comme un abîme.