Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
Analyse et signification
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- Les meilleures leçons sont celles que l’on prend sans que les personnes à qui on les prend en soient informées.
- La méthode didactique a formé le professeur : parole impérative, démonstration déductive, uniformité dogmatique, référence au texte imprimé. Parce que cet enseignement ne se fonde pas sur la curiosité des élèves, il se soutient par l’autorité - intellectuelle et morale.
- Instruire est chose facile pour un maître habile, mais enseigner sans avoir la connaissance de son art est la plus grande des folies : Tout précepte qui n’est pas fondé sur l’expérience est inutile et vain.
- Quand un élève vous dit qu’il n’aime pas lire, il ne sait pas ce qu’il dit. Si vous le croyez, il est foutu et vous aussi comme professeur.
- Apprendre à parler c’est apprendre à dégager les sens des mots, des époques où on les a appris - c’est oublier la plupart des relations d’alors. Sans oubli, on n’est que perroquet.
- Toute éducation est élévation, contrainte, épanouissement et promesse de joies. Tous les sens y contribuent; on s’éduque autant par la bouche que par l’oeil ou l’oreille. Est-ce un hasard si ce même terme, goût, désigne le sens de la bouche et une manière de vivre ?
- On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu’on sait. Mais il semble que les médecins n’apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu’ils ne savent point.
- Tout nous vient - non pas tout, mais presque tout nous vient - par l’intermédiaire du langage. C’est pourquoi je pense que la solution de beaucoup de nos difficultés est dans le travail sur le langage.
- Tout enfant, qu’elle que soit son milieu, apprend sa langue maternelle en dix mois : trois mille mots, plus les règles de grammaire, plus l’accent. Essayer de renouveler ça, sans école ni livres, en dix mois ! C’est d’une intensité inimaginable.
- Beaucoup d’écrivants, peu de lisants; tel était le monde jusqu’à ce jour. Ceci va changer. L’enseignement obligatoire, c’est pour la lumière une recrue d’âmes. Désormais tous les progrès se feront dans l’humanité par le grossissement de la région lettrée.
- Le drame de nos institutions d’enseignement et celles du vaste monde en général est d’instruire, mais de ne pas éduquer. Aucun individu n’est formé pour devenir un citoyen universel, sinon les problèmes contemporains s’effaceraient d’eux-mêmes.
- Les enfants qu’on presse trop de parler n’ont le temps ni d’apprendre à bien prononcer, ni de bien concevoir ce qu’on leur fait dire.
- Les travaux d’écolier sont des épreuves pour le caractère et non point pour l’intelligence. Que ce soit orthographe, version ou calcul, il s’agit d’apprendre à vouloir.
- La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne c’est la présence. C’est elle qui est silencieusement agissante.
- L’école ne sert à rien qu’apprendre à lire, écrire et compter. C’est un bagage largement suffisant.