Tout enfant, qu’elle que soit son milieu, apprend sa langue maternelle en dix mois : trois mille mots, plus les règles de grammaire, plus l’accent. Essayer de renouveler ça, sans école ni livres, en dix mois ! C’est d’une intensité inimaginable.
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- Une meute d’idéologues en charge de réformer l’école est parvenue en cinq décennies à saigner les études antiques. Selon eux, il serait élitiste d’apprendre les langues mortes.
- Avoir ! Avoir ! Vous êtes tous comme ça, hein ? On ne vous a jamais appris à conjuguer le verbe être à l’école ? Demande-toi ce que tu dois être plutôt que ce que tu peux avoir.
- Ne regrette rien, il faudra toujours continuer à apprendre et à te perfectionner, et ce n’est pas à l’école que tu pourras le faire. L’école donne des diplôme, mais c’est dans la vie qu’on se forme.
- Tout le mal qu’on dit de l’école nous cache le nombre d’enfants qu’elle a sauvés des tares, des préjugés, de la morgue, de l’ignorance, de la bêtise, de la cupidité, de l’immobilité ou du fatalisme des familles.
- Les enfants qu’on presse trop de parler n’ont le temps ni d’apprendre à bien prononcer, ni de bien concevoir ce qu’on leur fait dire.
- Il était impossible d’ajuster le langage à ces souvenirs - tout simplement, il n’existait pas de mots adultes pour ces impressions d’enfance.
- Peu importe la quantité de sagesse et de connaissance que vous pouvez acquérir dans votre vie, vos enfants n’en recevront génétiquement pas la moindre parcelle à leur naissance. Chaque génération nouvelle part de zéro.
- Ils essayaient de se priver; mais ils ne savaient pas : c’est une science, qu’il faut bien des années d’épreuves pour apprendre, quand on ne l’a point pratiquée depuis l’enfance.
- Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
- Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s’il découpait un étendard dans le parquet de l’univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c’est l’ensemble du langage ainsi, qu’il pervertit, déroute, exalte et restitue.
- L’amour de notre langue s’identifie avec l’amour des mères qui nous l’apprennent !
- Puis parler, vite, des mots, comme l’enfant qui se met en plusieurs, deux, trois, pour être ensemble, dans la nuit.
- Apprendre à parler c’est apprendre à dégager les sens des mots, des époques où on les a appris - c’est oublier la plupart des relations d’alors. Sans oubli, on n’est que perroquet.
- S’il a été remarqué que quelques dauphins pouvaient reconnaitre jusqu’à cinquante mots de notre langue, aucun humain n’a jamais pu comprendre un seul mot de la leur.
- Une enquête au long cours, c’était comme un nouvel alphabet à déchiffrer : certains mots étaient plus importants que d’autres mais au départ, rien ne permettait de les distinguer.