Ils essayaient de se priver ; mais ils ne savaient pas : c’est une science, qu’il faut bien des années d’épreuves pour apprendre, quand on ne l’a point pratiquée depuis l’enfance.
Écrivain, 1866-1944Ils essayaient de se priver ; mais ils ne savaient pas : c’est une science, qu’il faut bien des années d’épreuves pour apprendre, quand on ne l’a point pratiquée depuis l’enfance.
Écrivain, 1866-1944Partager sur
Source vérifiée
Antoinette (1908), chapitre 11
Le maigre argent des Jeannin s’en allait rapidement. Ils constataient, chaque soir, avec un serrement de cœur, la brèche plus large qui s’ouvrait à leur bourse.Ils essayaient de se priver; mais ils ne savaient pas: c’est une science, qu’il faut bien des années d’épreuves pour apprendre, quand on ne l’a point pratiquée depuis l’enfance.Ceux qui ne sont pas économes, de nature, perdent leur temps à vouloir l’être: dès qu’une nouvelle occasion de dépenser se présente, ils y cèdent; l’économie est toujours pour la prochaine fois; …
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On ne peut apprendre une science à moins qu’on ne sache pertinemment de quoi il s’agit.
Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.
L’apparente facilité d’apprendre est cause de la perte des enfants. On ne voit pas que cette facilité même est la preuve qu’ils n’apprennent rien.
On n’est pas toute sa vie à l’école, vient l’âge où il faut mettre en pratique.
La jeunesse, c’est pour essayer d’apprendre, la vieillesse pour tenter de comprendre.
Tout l’effort de la science n’avait été qu’une longue poursuite de l’insaisissable prima materia et de la clé de ses manifestations multiples.
La génération formée à l’école des notions scientifiques va à la rencontre de la plus forte déception qui soit : celle de la vanité du savoir.
Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par une possibilité.
Quel dommage que l’expérience arrive tout juste à l’âge où les forces s’en vont ! C’est une cruelle dérision de la nature que ce don du talent, qui n’arrive jamais qu’à force de temps et d’études qui usent la vigueur nécessaire à l’exécution.
Il y a beaucoup à apprendre des sots, à condition que ce soit soi-même qu’on étudie en eux.

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