Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s’il découpait un étendard dans le parquet de l’univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c’est l’ensemble du langage ainsi, qu’il pervertit, déroute, exalte et restitue.
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- La parole est un acte pour les écrivains. C’est un acte dont on parle. Et donc ça fait des choses, ça produit des effets, ça agit. Ce n’est pas un jeu, un ensemble de règles de toutes sortes.
- Le langage est de la poésie fossilisée.
- D’un lambeau de papyrus ou d’un morceau de poterie, on peut remonter vers une civilisation disparue depuis des millénaires. A partir de la racine d’un mot, on peut rayonner à travers une constellation de vocables et de sens.
- Il y a de grandes ressources pour le style - en prose et plus encore en poésie - dans la distorsion des locutions usuelles.
- Érotisme et poésie : le premier est une métaphore de la sexualité, le second une érotisation du langage.
- Le langage du monde s’écrit par chances et coïncidences. Dans la vie, tout est signe. A travers les signes, l’homme peut comprendre le langage du monde.
- Tout nous vient - non pas tout, mais presque tout nous vient - par l’intermédiaire du langage. C’est pourquoi je pense que la solution de beaucoup de nos difficultés est dans le travail sur le langage.
- C’est une langue belle à qui sait la défendre, elle offre des trésors de richesse infinie, les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre, et la force qu’il faut pour vivre en harmonie.
- Mais les mots sont des choses, et une petite goutte d’encre, - Tombant comme la rosée sur une pensée, produit - Ce qui fait penser des mille, peut-être des millions.
- La musique. Probablement la langue véritable du subconscient, la langue universelle au-delà du possible.
- La musique laisse la poésie loin derrière elle; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
- Ce langage qui était un ambigu précieux des choses de l’art et du monde.
- Nous sommes des sourds-muets qui rêvons du plus beau langage alors qu’un seul mot nous ne savons le reconnaître. La vie d’un homme est un misérable balbutiement dans le désert...
- C’est la prose qui donne l’empire à une langue, parce qu’elle est tout usuelle : la poésie n’est qu’un objet de luxe.
- Un poète est le plus utilitaire des êtres. Paresse, désespoir, accidents du langage, regards singuliers, - tout ce que perd, rejette, ignore, élimine, oublie l’homme le plus pratique, le poète le cueille, et par son art lui donne quelque valeur.