Nous sommes des sourds-muets qui rêvons du plus beau langage alors qu’un seul mot nous ne savons le reconnaître. La vie d’un homme est un misérable balbutiement dans le désert...
Image : Nous sommes des sourds-muets qui rêvons...

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- Quels sont les premiers menteurs entre les hommes de toutes les nations ? Ceux qui, dans leur langage, se servent le plus de diminutifs et de superlatifs.
- Si l’homme a besoin du langage, ce n’est pas seulement pour communiquer du sens, c’est en même temps pour écouter et reconnaître sa propre existence.
- Notre langage ne vaut rien pour décrire le monde des odeurs...
- Il est donc sensé de penser que c’est le langage qui a créé l’homme, et non l’homme le langage, mais à condition d’ajouter que l’hominien a créé le langage.
- En amour un silence vaut mieux qu’un langage. Il est bon d’être interdit; il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire.
- Le langage, loin de combler l’abîme qui sépare les êtres, creuse la distance, il met en évidence la solitude et l’impossibilité de communiquer.
- Il y a une langue une là où des individus, se comprenant entre eux, ont, d’une façon consciente ou inconsciente, le sentiment et la volonté d’appartenir à la même communauté linguistique.
- Les plus beaux mots du monde ne sont que des sons inutiles si vous ne pouvez pas les comprendre.
- Et quelle étrange chose que certains mots, c’est sans bouche ni voix, c’est sans visage, on les rencontre dans le noir, on leur prend la main, on les guide mais il fait nuit partout sur terre.
- Ecrire, c’est vouloir distinguer à travers des mots ce qu’en réalité on ne peut voir : naissance et mort, apparition et disparition fulgurantes des êtres. Perpétuité des catastrophes.
- Il semble que nous ne faisons que languir dans l’âge mûr pour dire les rêves de notre enfance, et ils s’évanouissent de notre mémoire avant que nous ayons pu apprendre leur langage.
- Chaque jour, par tous les moyens, nous rendons la vie plus ennuyeuse, plus vaine. Un seul mot résume tout : gaspillage. Nos pensées, nos énergies, nos vies même ne servent plus qu’à créer de l’inutile, du malsain, du déraisonnable.
- Peut-être l’amour commence-t-il là où le langage s’arrête. C’est pourquoi on dit faire l’amour : le corps participe à la création de quelque chose qui n’existait pas avant. Nous le faisons littéralement, nous lui donnons vie et forme.
- Le langage le plus beau, le plus vivant, le plus savoureux, le plus libre et, en même temps, le plus juste dans un absolu mental est l’argot français.
- Le langage n’est pas la vérité. Il est notre manière d’exister dans l’univers.