Il semble que nous ne faisons que languir dans l’âge mûr pour dire les rêves de notre enfance, et ils s’évanouissent de notre mémoire avant que nous ayons pu apprendre leur langage.
Image : Il semble que nous ne faisons...

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- Comment la jeunesse pourrait-elle apprendre à mieux vivre qu’en faisant tout d’abord l’expérience de la vie ? Il me semble que cela lui exercerait l’esprit tout autant que le font les mathématiques.
- Il était impossible d’ajuster le langage à ces souvenirs - tout simplement, il n’existait pas de mots adultes pour ces impressions d’enfance.
- Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son coeur.
- Très souvent, le désordre de la mémoire est tel que nous ne savons plus si nous inventons un personnage ou si c’est une agréable réminiscence.
- Moi je veux pas que l’enfance soit considérée comme un échafaudage. Y a des gens qui s’empressent de retirer l’échafaudage et ils oublient leur enfance. Je crois qu’un être doit être dans une permanente construction.
- On parle souvent des rêves de la jeunesse. On oublie trop ses calculs.
- La jeunesse nous fait dire et penser bien des choses illusoires.
- Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.
- L’enfance déconcerte souvent la jeunesse, plus éprise d’affirmer sa maturité naissante que de raviver les souvenirs encore proches de l’adolescence.
- J’ai toujours pensé qu’une part de nos cauchemars, de nos problèmes et de nos rêves est blottie au coeur de nos oreillers. Voilà pourquoi nous les enveloppons dans des taies : pour ne pas voir les traces de notre vie.
- Je rêvais peu dans ce temps-là, ou plutôt je croyais sentir que la faculté de rêver s’était transformée en moi. Il me semblait qu’elle avait passé des impressions du sommeil dans celles de la vie réelle.
- Ô rêveries, c’est à vous que je dois de m’être destinée au langage de la poésie, lorsque je compris, dès l’enfance, que les éléments, l’espace, les sanglots explosifs et muets de l’âme ne sont pas l’échange intelligible dévolu aux humains.
- Peut-être parce que certains événements attendus trop longtemps excèdent notre pouvoir de réaction, en débordant notre conscience, et ne sont plus ensuite assimilables que sous forme de rêves.
- Nous sommes des sourds-muets qui rêvons du plus beau langage alors qu’un seul mot nous ne savons le reconnaître. La vie d’un homme est un misérable balbutiement dans le désert...
- C’est chose étrange que la mémoire; je suis incapable de retrouver son visage d’hier, son corps d’hier, ils s’effacent pour laisser la place à ceux d’aujourd’hui, dans le décor du passé.