Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.
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- Mais soyons vrais, docteur quand la jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu’il fait pour l’empêcher peut bien s’appeler à bon droit la Précaution inutile.
- On parle souvent des rêves de la jeunesse. On oublie trop ses calculs.
- Quand on vieillit, toutes les choses que l’on a pas vues dans sa jeunesse, on n’y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
- N’y a-t-il pas des sortilèges au moyen desquels les facultés de la jeunesse et de la virginité peuvent êtres déçues ?
- A vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu’on ne se sert jamais de ses notes.
- Mais plutôt que d’enseignement (s’il est mal conçu, au moins il existe), c’est d’éducation que manque aujourd’hui la jeunesse.
- Ainsi va le monde : l’insouciance de la jeunesse cédant le pas à la nécessité de payer ses factures et d’assumer ses responsabilités, nous sommes tous voués à reprendre le modèle que, durant notre adolescence, nous nous étions jurés de ne jamais répéter.
- Le temps de la prime jeunesse, un âge rêveur, exalté, durant lequel on poétise la femme, on divinise sa chair inaccessible, on vit dans une attente farouche du miracle amoureux.
- La question n’est pas de savoir si j’ai le temps de lire ou pas, mais si je m’offre ou non le bonheur d’être lecteur.
- L’illettré du futur ne sera pas celui qui ne sait pas lire. Ce sera celui qui ne sait pas comment apprendre.
- Les jeunes auteurs d’aujourd’hui ont oublié les problèmes du coeur humain en conflit avec lui-même, qui eux seuls peuvent donner de beaux textes. Car il n’y a que cela qui mérite d’être écrit, qui mérite toute cette douleur et toute cette sueur.
- Ecrire n’est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu’au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l’aube ?
- Les braves gens ne savent pas ce qu’il en coûte de temps et de peine pour apprendre à lire. J’ai travaillé à cela quatre-vingts ans, et je ne peux pas dire encore que j’y sois arrivé.
- Nous sommes lus par des lecteurs informés, spécialistes, à qui on ne peut plus ni faire la morale ni raconter des bobards. On ne peut plus faire croire que Tintin ce n’est pas Hergé.
- Enseigner à lire, telle serait la seule et la véritable fin d’un enseignement bien entendu : que le lecteur sache lire et tout est sauvé.