À vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu’on ne se sert jamais de ses notes.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons À vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu’on ne se sert jamais de ses notes.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal, 1887-1910
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Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.
Ainsi va le monde : l’insouciance de la jeunesse cédant le pas à la nécessité de payer ses factures et d’assumer ses responsabilités, nous sommes tous voués à reprendre le modèle que, durant notre adolescence rebelle, nous nous étions juré de ne jamais répéter.
À quinze ans, vingt ans tout au plus, on est achevé d’imprimer.
Il était impossible de voir un vieillard plus jeune et plus vif, buvant sec et ne se grisant jamais, chantant et folâtrant avec la jeunesse sans jamais se rendre ridicule, parce qu’il avait l’esprit chaste et le cœur naïf.
L’arrivée de plus en plus rapide des choses faisait reculer le passé. Les gens ne s’interrogeaient pas sur leur utilité, ils avaient simplement envie de les avoir et souffraient de ne pas gagner assez d’argent pour se les payer immédiatement.
Pendant vingt-deux ans, je n’ai cessé de répéter que les gens tombent dans telle ou telle folie, qu’ils se plaignent de ceci ou de cela, parce que leurs corps sont raides, qu’ils sont incapables de donner l’amour ou d’en jouir.
Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son cœur.
Quarante-quatre ans, c’est l’âge où l’on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double.
Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.
L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire.

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