Pendant vingt-deux ans, je n’ai cessé de répéter que les gens tombent dans telle ou telle folie, qu’ils se plaignent de ceci ou de cela, parce que leurs corps sont raides, qu’ils sont incapables de donner l’amour et d’en jouir.
Image : Pendant vingt-deux ans, je n’ai cessé...

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- La culture est parfois folie, ou inclut la folie. Peut-être que c’est l’absence d’amour qui m’a incitée au voyage. Peut-être que c’est un amour excessif et débordant. Peut-être que c’est la folie.
- Pas plus qu’on ne peut se retenir de goûter à certains gâteaux ou de faire l’amour avec certains corps, on ne saurait refuser à certains poignards, à certains pistolets, l’acte qu’ils appellent de toute leur admirable forme.
- L’être humain est décidement masochiste : à peine a-t-il éliminé son premier chagrin d’amour qu’il n’a de cesse d’en fabriquer un autre.
- Dans le monde on plaint ceux qui tombent du faîte des honneurs, des grandeurs. Mais la grande infortune, c’est de tomber des hauteurs de l’amour.
- J’aime trop les gens pour ne pas répugner moi même à leur faire du mal; et les juger, c’est déjà leur faire mal. Aimer, ce n’est pas seulement «aimer bien»; c’est surtout comprendre.
- L’humanité est un concept familier aux anormaux : à leur grand désespoir, ils s’en sentent en effet tout proches; ils expriment leur parenté avec elle dans un sanglot de regret et ne cessent jamais de tendre vers elle leurs bras difformes.
- C’est une folie que de vouloir se venger d’un autre en se faisant du mal à soi-même.
- C’est pénible pour vous, et c’est pénible pour eux. Quand il s’agit d’un meurtre, on ne peut pas respecter la douleur. Ni la vie privée. Ni les sentiments personnels. Il faut poser les questions. Et il y en a qui blessent profondément.
- Il faut avoir été fou de douleur pour pouvoir devenir fou d’amour. Dans cette expérience de déchirement l’extase survient qui fait passer d’une souffrance insondable à un amour excessif, inouï, qui transgresse toute norme et toute forme.
- Que l’on ait quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante-quinze ans, c’était toujours la même histoire : cette putain de maladie d’amour qui dévastait tout sur son passage, ces moments de bonheur si fugaces qui exigeaient un prix exorbitant à payer...
- Je m’accuse parfois d’être incapable d’aimer. Peut-être est-ce vrai mais j’ai été capable d’élire quelques êtres et de leur garder, fidèlement, le meilleur de moi, quoi qu’ils fassent.
- C’est ce qu’il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible; qu’au fond, c’est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.
- Une maladie, un deuil, on en parle... Mais un chagrin d’amour scelle les mots au bord des lèvres comme si une incompréhensible pudeur devait les retenir nous empêchant de les communiquer aux autres.
- Avoir l’expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n’est jamais comparable à la nôtre.
- Ce n’est pas de ses seules mains qu’on est paresseux, toujours. Il y a des années où l’on se soucie d’amour autant que de travail, et qu’il vous pousse, pour ainsi dire, un poil dans le coeur.