Pas plus qu’on ne peut se retenir de goûter à certains gâteaux ou de faire l’amour avec certains corps, on ne saurait refuser à certains poignards, à certains pistolets, l’acte qu’ils appellent de toute leur admirable forme.
Écrivain, 1924-2016Pas plus qu’on ne peut se retenir de goûter à certains gâteaux ou de faire l’amour avec certains corps, on ne saurait refuser à certains poignards, à certains pistolets, l’acte qu’ils appellent de toute leur admirable forme.
Écrivain, 1924-2016Partager sur
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Petites Proses
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Est-il défendu d’aimer à avoir des rivaux ?
Pour qu’il y ait passion, il faut que l’union soit brutale, que l’un des corps soit très avide de ce dont il est privé et que l’autre possède en très grande quantité.
Considérer l’amoureuse comme un mets des dieux, un gâteau. Manger le gâteau, s’en régaler, encore et toujours, ne plus en pouvoir. Se guérir du gâteau par l’écœurement sensuel.
On se fait violence, on ne s’écoute point, on croit qu’à force de prendre sur soi, à la fin on accoutumera le corps à obéir…
D’où l’homme tirera-t-il sa force, s’il n’entretient pas en soi la colère et l’appétit de plusieurs fauves ?
N’allez pas vous fourrez dans le crâne que les rhumatisants ne s’intéressent pas à l’amour. Dans la plupart des cas, c’est justement en faisant l’amour qu’ils ont attrapé des rhumatismes.
L’indifférent n’éprouve jamais l’envie de tuer. L’assiette vide, il la repousse, et s’en va. L’enragé fixe la sienne d’un œil sombre, et reste, même pitoyable, même ridicule. Ces amours-propres ne l’atteignent plus.
La beauté du corps et la force ne sont pas convenables mais choquantes chez un lâche.
Chien sans museau, femme sans fuseau, homme sans couteau font triste monde et peûx moégneaux.
La multitude de ceux qui se livrent au plaisir sans respect a plus fait pour le déshonorer que ceux qui le condamnent et s’en abstiennent.

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