D’où l’homme tirera-t-il sa force, s’il n’entretient pas en soi la colère et l’appétit de plusieurs fauves ?
Source : Les Impostures de la poésie
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
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L’homme n’est qu’un animal à demi dompté, qui pendant des générations a gouverné les autres par la fourberie, la cruauté et la violence.
Quand un homme a peur, la colère n’est pas loin. L’irritation suit l’excitation.
Tant que les hommes massacreront les animaux, ils s’entre-tueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut récolter la joie et l’amour.
Au cœur de tout homme, il y a un instinct de vengeance.
L’homme irrité, en voulant se venger sur autrui, se venge sur lui-même.
L’homme révolté ne veut pas nécessairement le mal de l’autre. Son désir de vengeance peut être une protestation contre un désordre, une excitation pour le maintien de la justice du bien.
L’homme fort sent sa propre dignité, rit en lui-même des pitoyables inventions avec lesquelles on veut tenter son courage, et, sûr de leur impuissance, il s’endort sans inquiétude et se réveille sans crainte.
D’ailleurs souvent mieux vaut dévorer son dépit que se venger. Il faut souffrir avec patience, avec sérénité même les injures des hommes puissants.
De sorte que l’offense qui se fait à l’homme lui doit être faite d’une manière qu’il n’en puisse tirer vengeance.
Si un homme parle ou agit avec un mauvais esprit, la souffrance le suit d’aussi près que la roue suit le sabot du bœuf tirant le char.

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