Quarante-quatre ans, c’est l’âge où l’on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Quarante-quatre ans, c’est l’âge où l’on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double.
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Journal 1887-1910 (1887)
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Quarante ans est un âge terrible. Car il ne nous trompe plus.
À vingt, trente, quarante ans, on peut encore remettre ce que l’on a à faire au lendemain mais à partir d’un certain âge, c’est provoquer le destin.
Tu as vingt ans, tu déconnes un brin et quand tu te réveilles, tu en as trente. C’est fini, plus jamais ton âge ne commencera par un deux.
La trentaine est un âge difficile. La vie est finie, l’existence commence.
L’homme qui voit à 50 ans le monde comme il le voyait à 20 a gaspillé 30 ans de sa vie.
La vie commence à cinquante ans, c’est vrai ; à ceci près qu’elle se termine à quarante.
Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Vieillir. La vie qui s’étire tristement.
Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans. Il va bien falloir que d’une manière ou d’une autre ça s’ajuste.
À cinquante-cinq ans, j’ai conservé ma force virile, et je compte bien que cela durera encore vingt ans ; or je vieillirai, je deviendrai repoussant, les femmes ne viendront plus de bon cœur, j’aurai donc besoin d’argent.

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