À quinze ans, vingt ans tout au plus, on est achevé d’imprimer.
Écrivain, 1840-1897À quinze ans, vingt ans tout au plus, on est achevé d’imprimer.
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Note sur la vie
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Comme les années de jeunesse sont longues, comme elles sont fécondes !
Le temps de la jeunesse est celui des folies.
À vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu’on ne se sert jamais de ses notes.
À vingt, trente, quarante ans, on peut encore remettre ce que l’on a à faire au lendemain mais à partir d’un certain âge, c’est provoquer le destin.
Heureux âge ! à seize ans on n’a point de souci : tout plaît.
L’enfant met un siècle à grandir et à douze ans, il ne lui reste plus qu’à bâcler sa maturité en quelques heures et expédier la vieillesse en deux minutes.
L’âge me pousse vers la prose, l’âge chasse la folle rime, que, je l’avoue en soupirant, je courtise moins ardemment.
Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son cœur.
Jeunesse paresseuse, vieillesse pouilleuse.
Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.

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