D’un lambeau de papyrus ou d’un morceau de poterie, on peut remonter vers une civilisation disparue depuis des millénaires. A partir de la racine d’un mot, on peut rayonner à travers une constellation de vocables et de sens.
Image : D’un lambeau de papyrus ou d’un...

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- Mes caractères sont des conglomérats, des fragments de la civilisation présente et passée, des bribes de journaux et de livres, des morceaux d’êtres humains, des lambeaux arrachés à des habits de fête devenus des guenilles.
- Nous sortons de la civilisation du travail, mais nous en sortons à reculons dans une civilisation du temps libéré, incapables de la voir et de la vouloir, incapables donc de civiliser le temps libéré qui nous échoit, et de fonder une culture du temps disponible et une culture des activités choisies.
- Une civilisation ne s’écroule pas comme un édifice, on dirait beaucoup plus exactement qu’elle se vide peu à peu de sa substance jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que l’écorce.
- La civilisation, ici, n’est qu’une simple répétition de la mémoire et des moeurs.
- Les mots : écrins qui recueillent une réalité esseulée et la métamorphosent en un moment d’anthologie, magiciens qui changent la face de la réalité en l’embellissant du droit de devenir mémorable, rangée dans la bibliothèque des souvenirs.
- On dit : retracer une vie. Mais les arabesques et méandres dessinent à la fin un motif plutôt indiscernable : juste une forme évidée. Peut-être ne fait-on que cela : broder sur la musique du temps, avec parfois des cassures.
- On ne peut pas, au nom de la culture, figer les choses ! Sinon ça devient de l’archéologie.
- Les grandes civilisations artistiques furent des civilisations où l’inutile était nécessaire. Dans la civilisation d’aujourd’hui, l’inutile est devenu inutile.
- Si nous revenions quelques siècles en arrière, tout ce que nous considérons comme acquis aujourd’hui passerait pour de la magie : parler sur de longues distances, transmettre des images, voler, consulter d’énormes quantités de données...
- Et comme le luxe de la table et des vêtements dénote une civilisation malade; de même le dérèglement du discours, pour peu qu’il se propage, atteste que les âmes aussi, dont le style n’est que l’écho, ont dégénéré.
- L’Antiquité nous offre en effet partout, en Égypte, en Perse, en Grèce, à Rome, le spectacle de quelques hommes manipulant à leur gré l’humanité asservie par la force ou par l’imposture.
- Quand nous sommes jeunes, les mots sont éparpillés autour de nous. Au fur et à mesure qu’ils sont assemblés par l’expérience, nous le sommes aussi, phrase par phrase, jusqu’à ce que l’histoire prenne forme.
- C’est ainsi que l’on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui; surtout s’il est petit; surtout s’il nous renvoie l’image de ce que l’on fut naguère.
- Il arrive souvent dans l’Histoire que les dernières années d’une civilisation apportent un bouillonnement artistique fort.
- Regardez tout ce qu’une civilisation charrie derrière elle, le bon, le mauvais.