Le langage est de la poésie fossilisée.
Écrivain, 1803-1882Source : Essais: Deuxième série (1844), Le Poète
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Le langage est de la poésie fossilisée.
Écrivain, 1803-1882Source : Essais: Deuxième série (1844), Le Poète
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La poésie est le plus ancien récit, et je croirais bien que c’est la poésie qui nous a d’abord consolés du langage.
Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s’il découpait un étendard dans le parquet de l’univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c’est l’ensemble du langage ainsi, qu’il pervertit, déroute, exalte et restitue.
C’est la prose qui donne l’empire à une langue, parce qu’elle est tout usuelle : la poésie n’est qu’un objet de luxe.
La poésie est la langue de tous les âges de l’humanité, naïve et simple au berceau des nations, conteuse et merveilleuse comme la nourrice au chevet de l’enfant.
La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
Il y a de grandes ressources pour le style – en prose et plus encore en poésie – dans la distorsion des locutions usuelles.
Érotisme et poésie : le premier est une métaphore de la sexualité, le second une érotisation du langage.
Ce langage qui était un ambigu précieux des choses de l’art et du monde.

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