La méthode didactique a formé le professeur : parole impérative, démonstration déductive, uniformité dogmatique, référence au texte imprimé. Parce que cet enseignement ne se fonde pas sur la curiosité des élèves, il se soutient par l’autorité - intellectuelle et morale.
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- Eduquer c’est à la fois conduire un enfant à l’autonomie intellectuelle, l’éveiller à la responsabilité morale et civique, lui transmettre la culture de son pays. Non une culture-spectacle qu’ il observerait passivement, mais l’ensemble des constructions logiques, esthétiques, éthiques, qui fondent notre civilisation et auxquelles il est invité à participer.
- Se savoir autre, admettre les différences, ne prétendre ni imposer sa façon d’être, ni copier celle des autres, c’est une sagesse à laquelle il est devenu audacieux d’aspirer.
- Définition de la sentence : La sentence est une proposition, un enseignement court et frappant, qui, déduit de l’observation, ou puisé dans le sens intime ou la conscience, nous apprend ce qu’il faut faire ou ce qui se passe dans la vie, c’est une espèce d’oracle.
- L’enseignement des lettres est à la littérature ce que la gynécologie est à l’érotisme.
- C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler et de connaître.
- Presque aucune part n’est réservée à l’enseignement de la parole proprement dite; l’écolier apprend à lire, à écrire, à compter, à raisonner, non à parler. Ils seront dans la vie la proie de quelque bavard, expert au langage courant.
- Toute éducation est élévation, contrainte, épanouissement et promesse de joies. Tous les sens y contribuent; on s’éduque autant par la bouche que par l’oeil ou l’oreille. Est-ce un hasard si ce même terme, goût, désigne le sens de la bouche et une manière de vivre ?
- Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. Ce n’est pas le mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot.
- Ces professeurs et autres donneurs de leçons qui sont parfaitement satisfaits du peu qu’ils savent, soit se vantent de connaître un tas de choses dont ils n’ont en réalité pas la moindre idée.
- La morale s’apprend seulement par la pratique. Elle fait partie, comme les arts, de ces connaissances que ne sauraient enseigner les livres.
- La détermination, la volonté et la confiance sont les essentiels de la vie, l’amour, l’amitié, le rêve en sont les épices... L’enseignement est une responsabilité pas juste un boulot mais un vrai devoir de donner le meilleur. « On sème se que l’on récolte ».
- En se prêtant avec complaisance aux demandes raisonnables des parents, il [l’instituteur] se gardera bien de sacrifier à leurs capricieuses exigences ses principes d’éducation et la discipline de son école.
- Que tu deviennes professeur, savant, ou musicien, aie le respect du «sens», mais ne t’imagine pas qu’il s’enseigne.
- Instruire est chose facile pour un maître habile, mais enseigner sans avoir la connaissance de son art est la plus grande des folies : Tout précepte qui n’est pas fondé sur l’expérience est inutile et vain.
- Ce qui fait le jésuite, c’est qu’ayant pesé les moyens extérieurs de persuader, éducation, imitation, opinion unanime, il les juge suffisants, par un profond mépris de la sagesse individuelle, qui examine sans fin et ne fait rien.