C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.
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Sodome et Gomorrhe (1922), deuxième partie, chapitre 4
… sans doute quelque chose comme ce que je venais d’apprendre, c’était quelque chose comme l’amitié d’Albertine et Mlle Vinteuil, quelque chose que mon esprit n’aurait su inventer, mais que j’appréhendais obscurément quand je m’inquiétais tout en voyant Albertine auprès d’Andrée.C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.Et la réalité la plus terrible donne, en même temps que la souffrance, la joie d’une belle découverte, parce qu’elle ne fait que donner une forme neuve et claire à ce que nous remâchions depuis longtemps sans nous en douter. …
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De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
Il n’est pas vrai qu’il faut souffrir pour créer. Il suffit de savoir comprendre.
La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l’amortissement comme solution…
Le progrès c’est de moins percevoir la douleur de l’existence.
Avoir l’expérience du malheur ne suffit pas, car on est toujours malhabile avec les autres. Leur souffrance n’est jamais comparable à la nôtre.
Rien ne nourrit mieux l’inspiration que l’amour. La souffrance peut la stimuler, rarement l’épanouir.
La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.
Il y a des problèmes aux confins du courage et du désespoir, que la raison ne peut affronter sans y risquer son existence.
Ce n’est pas par le génie mais par la souffrance, par elle seule, qu’on cesse d’être une marionnette.
Car une âme imparfaite aspire à être guérie : dans une époque profane, nous avons besoin que l’inconnu nous complète, quand nous n’avons pas la force de nous compléter nous-mêmes.

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