De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
Poète, 1621-1695De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
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Tome 2 : Contes et nouvelles, Texte entier
… Mainte veuve pourtant fait la déchevelée, Qui n’abandonne pas le soin du demeurant, Et du bien qu’elle aura fait le compte en pleurant. Celle-cy, par ses cris, mettoit tout en allarme; Celle-cy faisoit un vacarme, Un bruit, et des regrets à percer tous les cœurs; Bien qu’on sçache qu’en ces malheurs,De quelque desespoir qu’une ame soit atteinte, La douleur est toûjours moins forte que la plainte; Toûjours un peu de faste entre parmi les pleurs. Chacun fit son devoir de dire à l’affligée Que tout a sa mesure, et que de tels regrets Pourroient pécher par leur excés: Chacun rendit par là sa douleur rengregée. …
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On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.
Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.
Ceux qui ont souffert, l’éventualité de la souffrance les fait souffrir autant que la douleur même.
Il n’est pire douleur que le souvenir du bonheur au temps de l’infortune.
Souviens-toi que la douleur élève les âmes vraiment grandes et que ce n’est que le vulgaire qu’elle rend méchant.
Toute souffrance est lâche : elle recule devant la puissance du vouloir-vivre qui est ancré plus fortement dans notre chair que toute la passion de la mort ne l’est dans notre esprit.
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre… Mieux vaut s’accommoder des choses ou les briser que de pleurer à la lune. Est-il besoin, pour un homme, d’avoir une compagne effacée, sentimentale et sans volonté, pour être heureux ?
Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
La douleur morale est plus cuisante que la douleur physique ; l’ennui, la séparation, sont des maux capables de causer les pires ravages, même chez les personnes les plus plus fortes.

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