Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
Écrivaine, 1939-2021Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
Écrivaine, 1939-2021Partager sur
Source vérifiée
Tête Blanche
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La douleur suit les actes qui ne sont pas minutieusement passés au crible de la raison.
Toute douleur veut être contemplée, ou bien elle n’est pas sentie du tout.
Il vaut mieux endurer patiemment une vive douleur que vous êtes seule à éprouver, que de commettre une action inconsidérée dont les fâcheuses conséquences s’étendraient à tous les vôtres.
Il faut être fou ou bête pour croire que la douleur purifie. Elle avilit l’homme, elle le punit sans raison.
La douleur est comme la passion. Pour s’en délivrer, il faut l’assouvir, toute.
De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur coressentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multipliée par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.
L’être humain peut accepter la souffrance, pas le fait qu’elle n’ait aucun sens.
Sans apprentissage de la douleur, le bonheur n’est pas solide.
On dirait que la douleur donne à certaines âmes une espèce de conscience. C’est comme aux huîtres le citron.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.