L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.
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Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Première partie
… et nous vaincrons, je l’espère, tant que l’ennemi nous avertira de prendre les armes. C’est au milieu du sommeil, c’est dans le sein d’un doux repos, qu’il faut se défier des surprises; mais c’est surtout la continuité des maux qui rend leur poids insupportable; etl’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.Voilà, mon ami, la dure espèce de combat que nous aurons désormais à soutenir: ce ne sont point des actions héroïques que le devoir nous demande, mais une résistance plus héroïque encore à des peines sans relâche.
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De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
L’idée de la souffrance est beaucoup plus facile à communiquer que celle du bonheur.
On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
Devant certaines douleurs, le cœur est plus perspicace que l’esprit.
Notre âme a plus de capacité pour le plaisir que pour la douleur. Une douleur violente fait taire tout sentiment agréable, tandis qu’un plaisir vif ne peut étouffer le sentiment d’une douleur violente.
L’âme ne se sépare pas du corps avec plus de douleur que l’homme de sa grandeur.
Souviens-toi que la douleur élève les âmes vraiment grandes et que ce n’est que le vulgaire qu’elle rend méchant.
Plus un être est accompli, plus profondément il ressent la douleur et le bonheur.
On trouve un certain charme à répandre des pleurs :
En apaisant notre âme, ils calment nos douleurs.
Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur coressentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multipliée par l’imagination, prolongée dans des centaines d’échos.

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