La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l’amortissement comme solution…

Source : Avalanche hôtel
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
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Lorsqu’on regarde l’injustice en face et qu’on agit, la souffrance s’apaise au lieu de croître, parce qu’on surmonte le sentiment de culpabilité et le désespoir rongeur, envenimé par l’inertie. On nettoie la plaie – la sienne et celle d’autrui – qui peut enfin guérir.
Ceux qui ont souffert, l’éventualité de la souffrance les fait souffrir autant que la douleur même.
Il vaut mieux endurer patiemment une vive douleur que vous êtes seule à éprouver, que de commettre une action inconsidérée dont les fâcheuses conséquences s’étendraient à tous les vôtres.
C’est à partir du jour où l’on peut concevoir un autre état de choses qu’une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu’elles sont insupportables.
L’orgueil sèche les larmes de la colère et du dépit ; l’humilité celles de la douleur. L’un s’indigne que nous puissions souffrir, l’autre nous rappelle pour nous apaiser que cela seul nous est dû.
Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l’excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l’âme naufragée qui n’ose plus croire.
On ne se tue point pour les douleurs de la goutte ; il n’y a guère que celles de l’âme qui produisent le désespoir.
Quand une souffrance est inconnue, on a plus de force pour lui résister, car on ignore sa puissance : on ne voit que la lutte et on espère qu’une vie plus pleine reprendra plus tard.
Il y a dans toute relation le risque de la perte, de l’abandon. Ce sont les blessures du lien qui s’inscrivent en nous le plus durablement. Et c’est aussi ce que nous en ferons qui ouvrira ou fermera les portes de la tendresse. Quand est venu le temps de se séparer, de s’éloigner ou de se perdre, la tendresse, si elle n’est pas tuée par le ressentiment, par la violence de la souffrance (sur soi ou sur l’autre) permet de garder la trace du meilleur de l’autre et de nous-même.
Le plus sûr moyen de calmer l’angoisse induite par une sensation de manque consiste à remplir le vide avec des représentations ayant pour but de transposer cette souffrance.

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