Lorsqu’on regarde l’injustice en face et qu’on agit, la souffrance s’apaise au lieu de croître, parce qu’on surmonte le sentiment de culpabilité et le désespoir rongeur, envenimé par l’inertie. On nettoie la plaie - la sienne et celle d’autrui - qui peut enfin guérir.
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- Celui qui pardonne prend un nouveau départ... Et par la grâce de son pardon, l’autre se redresse dignement pour prendre lui aussi un nouveau départ... En pardonnant, on montre qu’on croit à l’avenir d’une relation et à la capacité de changement de celui qui a fait un faux pas.
- L’être humain peut accepter la souffrance, pas le fait qu’elle n’ait aucun sens.
- La docilité est la source de tes souffrances tout comme la résignation à l’injustice sociale est celle de ton martyre.
- Nous devons être convaincus, les uns et les autres, que ce contraste permanent entre la prospérité de quelques-uns et la misère du plus grand nombre a créé le sentiment d’injustice et de colère sur lequel est fondée la révolte actuelle.
- Combien de tragédies sont provoquées par des gens qui, tout en disant qu’ils veulent le bien, sont incapables de réagir raisonnablement devant une petite vexation, une injustice sans gravité.
- L’injustice n’est pas un mal en elle-même, mais elle l’est dans la crainte liée au soupçon qu’elle ne puisse rester inaperçue de ceux qui sont chargés de punir de tels actes.
- Il y a dans toute relation le risque de la perte, de l’abandon. Ce sont les blessures du lien qui s’inscrivent en nous le plus durablement. Et c’est aussi ce que nous en ferons qui ouvrira ou fermera les portes de la tendresse. Quand est venu le temps de se séparer, de s’éloigner ou de se perdre, la tendresse, si elle n’est pas tuée par le ressentiment, par la violence de la souffrance (sur soi ou sur l’autre) permet de garder la trace du meilleur de l’autre et de nous-même.
- Et quelquefois la durée du bien cause l’ennui ou le dégoût, au lieu que celle du mal diminue la tristesse. Enfin, du bien passé vient le regret, qui est une espèce de tristesse, et du mal passé vient l’allégresse, qui est une espèce de joie.
- L’éducation tout entière se réduit à ces deux enseignements : apprendre à supporter l’injustice et apprendre à souffrir l’ennui.
- Je vois que toujours la souffrance engendre une plus grande connaissance de la vérité que la sérénité de tous les sages. Ce que je sais, ce sont des malheureux qui me l’ont appris; ce que j’ai vu, c’est le regard de la douleur qui me l’a montré.
- Rendre la justice, c’est impossible, parce que la justice, ça n’existe pas. Mais par contre, l’injustice, oui. L’injustice, c’est facile à combattre parce que ça vous saute à la figure et alors tout devient limpide.
- A vingt ans, la rupture entre le plein et le vide est brutale. On ne sait pas se prévenir de la souffrance. Le bonheur qui nous arrive, on le croit éternel. Puis un jour on s’aperçoit que l’un et l’autre se remplace : la souffrance, le bonheur.
- Notre souffrance, dans l’immédiat, est faite pour s’intégrer dans l’ordre du monde, où elle se transforme en équilibre, donc en bonheur.
- La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l’amortissement comme solution...
- La douleur morale est plus cuisante que la douleur physique; l’ennui, la séparation, sont des maux capables de causer les pires ravages, même chez les personnes les plus plus fortes.