L’éducation tout entière se réduit à ces deux enseignements : apprendre à supporter l’injustice et apprendre à souffrir l’ennui.
Source : Lettre, 27 août 1774
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
L’éducation tout entière se réduit à ces deux enseignements : apprendre à supporter l’injustice et apprendre à souffrir l’ennui.
Source : Lettre, 27 août 1774
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L’éducation est sans doute toujours à deux faces : elle consiste, d’une part, à réprimer le mouvement qui pousse les enfants dans leur ignorance à l’assaut de la vérité ; d’autre part à les humilier pour les amener ensuite peu à peu et insensiblement dans le mensonge.
Il n’est pas inutile d’apprendre comment ne jamais se résigner à l’injustice quand on est innocent.
L’éducation consiste avant tout à donner à celui qui est éduqué le sens de l’altérité. Que faut-il entendre par là ? Que l’humain commence avec le souci de l’autre.
L’éducation :… Quelque chose qui avait été préalablement mâché et digéré d’avance plusieurs fois de suite par une foule de gens qui s’en souciaient comme d’une guigne, à seule fin de le servir à d’autres qui ne s’en souciaient pas davantage.
Lorsqu’on regarde l’injustice en face et qu’on agit, la souffrance s’apaise au lieu de croître, parce qu’on surmonte le sentiment de culpabilité et le désespoir rongeur, envenimé par l’inertie. On nettoie la plaie – la sienne et celle d’autrui – qui peut enfin guérir.
L’éducation doit porter sur deux bases, la morale et la prudence : la morale, pour appuyer la vertu ; la prudence, pour vous défendre contre les vices d’autrui.
La souffrance d’autrui est chose qui doit s’apprendre : et jamais elle ne peut être apprise pleinement.
Le paradoxe de l’éducation, c’est qu’en devenant conscient on se met à examiner la société dans laquelle on est éduqué.
Il faut apprendre, non pas pour l’amour de la connaissance, mais pour se défendre contre le mépris dans lequel le monde tient les ignorants.
Le drame de nos institutions d’enseignement et celles du vaste monde en général est d’instruire, mais de ne pas éduquer. Aucun individu n’est formé pour devenir un citoyen universel, sinon les problèmes contemporains s’effaceraient d’eux-mêmes.

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