L’éducation doit porter sur deux bases, la morale et la prudence : la morale, pour appuyer la vertu ; la prudence, pour vous défendre contre les vices d’autrui.
Écrivain, 1740-1794 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons L’éducation doit porter sur deux bases, la morale et la prudence : la morale, pour appuyer la vertu ; la prudence, pour vous défendre contre les vices d’autrui.
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Maximes et Pensées (1923), Texte entier
—L’éducation doit porter sur deux bases, la morale et la prudence: la morale, pour appuyer la vertu; la prudence, pour vous défendre contre les vices d’autrui.En faisant pencher la balance du côté de la morale, vous ne faites que des dupes ou des martyrs; en la faisant pencher de l’autre côté, vous faites des calculateurs égoïstes. Le principe de toute société est de se rendre justice à soi-même et aux autres. …
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L’éducation consiste avant tout à donner à celui qui est éduqué le sens de l’altérité. Que faut-il entendre par là ? Que l’humain commence avec le souci de l’autre.
L’éducation tout entière se réduit à ces deux enseignements : apprendre à supporter l’injustice et apprendre à souffrir l’ennui.
Éduquer, c’est à la fois conduire un enfant à l’autonomie intellectuelle, l’éveiller à la responsabilité morale et civique, lui transmettre la culture de son pays. Non une culture-spectacle qu’il observerait passivement, mais l’ensemble des constructions logiques, esthétiques, éthiques, qui fondent notre civilisation et auxquelles il est invité à participer.
Quand on se fout de la morale, le moral est meilleur.
L’éducation, c’est le respect de ce qui est réellement bon, grand et beau ; c’est la politesse, charmante vertu, qui supplée à tant d’autres vertus ; c’est le tact, qui est presque une vertu aussi.
La morale est un absolu ; à la relativiser, à l’appliquer ici et à la bafouer ailleurs, on fait plus que la ridiculiser : on en sape les fondements.
La morale s’apprend seulement par la pratique. Elle fait partie, comme les arts, de ces connaissances que ne sauraient enseigner les livres.
La morale est une sorte d’art de l’inexécution des désirs, de la possibilité d’affaiblir des pensées, de faire ce qui ne plaît pas, de ne pas faire ce qui plaît. Si le bien plaisait, si le mal déplaisait : il n’y aurait ni morale, ni bien, ni mal…
La moralité est une création sociale, qui s’est agglomérée au cours des âges. Mais le nourrisson deviendra un sauvage si on ne l’éduque, si on ne lui donne un certain vernis de cette moralité abstraite qui s’est accumulée le long des siècles.
La tâche de la morale, c’est de subordonner la répression à la réalisation et non la réalisation à la répression.

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