Quand on se fout de la morale, le moral est meilleur.
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La morale est un absolu ; à la relativiser, à l’appliquer ici et à la bafouer ailleurs, on fait plus que la ridiculiser : on en sape les fondements.
Dans cet univers qui se caractérise par un haut degré de cynisme, on parle beaucoup de morale. En tant que sociologue, je sais que la morale n’est efficace que si elle s’appuie sur des structures, des mécanismes qui font que les gens ont intérêt à la morale.
La morale est une sorte d’art de l’inexécution des désirs, de la possibilité d’affaiblir des pensées, de faire ce qui ne plaît pas, de ne pas faire ce qui plaît. Si le bien plaisait, si le mal déplaisait : il n’y aurait ni morale, ni bien, ni mal…
La morale est mal disposée dans un pantalon.
La vraie morale se moque de la morale, c’est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l’esprit – qui est sans règles.
L’indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c’est pourquoi je prétends que le plus sage, si l’on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité : la moralité suivra et non le contraire.
On devient moral dès qu’on est malheureux.
La vraie morale ne s’occupe pas de ce que nous pensons et voulons, mais de ce que nous faisons.
La vertu morale est le produit de l’habitude.
Relève de la morale ce qui blesse la pudeur.

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