Biographie courte et informations sur Karl Kraus
Karl Kraus naît en 1874 à Jičín, en Bohême. Il étudie le droit et les langues à Vienne sans obtenir de diplôme. Dès 1896, il critique la société viennoise dans des revues. Il fonde et dirige Die Fackel, une revue satirique célèbre. Pacifiste durant la Première Guerre mondiale, il écrit notamment Les Derniers jours de l’humanité. Il critique vivement la presse, la bourgeoisie et le national-socialisme. Kraus meurt en 1936 à Vienne, où il a vécu la majeure partie de sa vie.
- Relève de la morale ce qui blesse la pudeur.
- Les américains aiment tout ce qu’ils n’ont pas, en particulier les antiquités et les manifestations de la vie intérieure.
- La solitude serait un endroit idéal si on pouvait choisir les gens qu’on évite.
- Le parlementarisme, c’est la réglementation de la prostitution politique.
- La différence entre les psychiatres et les autres malades mentaux, c’est un peu le rapport entre la folie convexe et la folie concave.
- L’immoralité de l’homme triomphe de l’amoralité de la femme.
- Une femme qui aime les hommes n’aime qu’un homme.
- Il n’y a pas d’être plus malheureux sous le soleil qu’un fétichiste qui languit après une bottine et qui doit se contenter d’une femme entière.
- Le jeu de mots, méprisable en soi, peut être, au service d’une intention artistique, le plus noble des instruments quand il représente une idée spirituelle en raccourci. Il peut ramasser en une épigramme toute une critique de la société.
- Si le sérieux de la vie savait combien la vie est sérieuse, il n’aurait pas le front de trouver l’art joyeux.
- Mon inconscient connaît mieux la conscience du psychologue que sa conscience ne connaît mon inconscient.
- Les morsures de la conscience sont les motions sadiques du christianisme.
- Et si surtout la perte de la culture n’était pas achetée au prix de vies humaines ! La moindre d’entre elles, ne serait-ce même qu’une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée.
- Les enfants jouent au soldat. Ce n’est pas dénué de sens. Mais pourquoi les soldats jouent-ils à l’enfant ?
- Notre culture consiste en trois tiroirs, dont deux se ferment quand l’un est ouvert : travail, loisir et instruction.
- C’est à se désoler, que seule l’intelligence comprenne ce que j’ai sur le coeur, contre elle. Le coeur ne le comprend pas.
- L’âge n’est jamais qu’un rôle dans le théâtre du monde. Les jeunes se veulent plus vieux, les vieux plus jeunes, et tous meurent de n’avoir pas été.
- La langue sera la baguette qui trouve les sources de pensée.
- La parole écrite doit être l’incarnation naturellement nécessaire d’une pensée et non la livrée mondaine d’une opinion.