Le jeu de mots, méprisable en soi, peut être, au service d’une intention artistique, le plus noble des instruments quand il représente une idée spirituelle en raccourci. Il peut ramasser en une épigramme toute une critique de la société.
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- La critique littéraire à une tendance à louer le plagiat, quand il est commis par un homme de génie, par un Molière. C’est un peu comme si on disait qu’une canaillerie faite par un homme vertueux devient une bonne action.
- Il y a peu de personnes, soit instruites, soit même ignorantes, qui, si elles disaient librement leurs pensées sur les ouvrages des artistes, ne pourraient pas leur être utiles. Les seules opinions dont on ne peut tirer aucun fruit sont celles des demi-connaisseurs.
- La sotte occupation que celle de nous empêcher sans cesse de prendre du plaisir, ou de nous faire rougir de celui que nous avons pris... Celle du critique.
- Le critique est celui qui peut traduire dans une autre manière ou avec de nouveaux procédés l’impression que lui laissèrent de belles choses.
- Lorsque la sculpture bavarde, je m’en détourne. Lorsque la musique décrit, je m’en détourne... Je veux que chacun des arts parle le langage qui lui est propre, au lieu de bégayer dans une langue étrangère.
- Les mots : écrins qui recueillent une réalité esseulée et la métamorphosent en un moment d’anthologie, magiciens qui changent la face de la réalité en l’embellissant du droit de devenir mémorable, rangée dans la bibliothèque des souvenirs.
- La parole est un acte pour les écrivains. C’est un acte dont on parle. Et donc ça fait des choses, ça produit des effets, ça agit. Ce n’est pas un jeu, un ensemble de règles de toutes sortes.
- Une grande partie du talent d’un orateur consiste à dissimuler son art et à montrer un naturel qui crée, entre celui qui écoute et lui-même, un courant de sympathie et de confiance.
- C’est la philosophie qui découvre les vertus utiles de la morale et de la politique. C’est l’éloquence qui les rend populaires. C’est la poésie qui les rend pour ainsi dire proverbiales.
- Signaler l’intérêt philosophique d’un livre qui célèbre le football a en effet toutes les chances d’apparaître comme une provocation déplacée à une époque où le mépris des sentiments et des passions populaires est devenu un métier et passe pour une vertu.
- Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée. Un mauvais usage peut se répandre par tradition et par mimétisme, même parmi les gens qui devraient être plus avisés - et qui le sont effectivement.
- La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être - s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées - la communication des âmes.
- On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant voudrait dire qu’il y a littérature partout où l’on bavarde, peinture partout où l’on barbouille.
- Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable : la poésie, la musique, la peinture, le discours public.
- La musique laisse la poésie loin derrière elle; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.